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13/12/2004
Départ
Ce soir, je pars pour la France. C'est déjà le grand départ. Quatre semaines de voyages, de loisirs et de retrouvailles après plus de deux ans d'absence. Je quitte momentanément Québec sous la neige. Il fait présentement - 10 avec le facteur éolien, une température bien agréable et douce pour une dernière bataille de neige. Mon pays adoptif et mes proches me manqueront, snif... C'est l'heure de partir... Avant de vous quitter, j'aimerais vous chanter ces paroles d'une chanson du groupe VRP : Partir.
Ce soir je pars
Ce soir c'est le grand départ
J'aurais pu te dire au revoir
Quand tu m'as porté mon dîner
Mais rien, j'ai tout gardé en moi
Et ce soir dans la gare, je pars
Prendre un avion prendre le train
Prendre un bateau ou bien ta main
Mais partir
Ce soir j'ai décidé d'partir
De quitter ma maison mes souvenirs
Pour ailleurs
Et je vois courir en toi
Les petites maudites minces
Minces monères... ce n'est rien.
Cet escargot qui court au loin
Me dit sûrement que je vais bien
Je pars
Et je regarde dehors
Les vaches qui dansent avec le sable
Les fleurs qui mangent des cartables
Je vais bien, je vais bien
Cette fleur cette marguerite
Que tu regardes avec tes yeux
Tes yeux bleus bleus
Bleus comme le feu de dieu
Ah! Et ces poupées laides
Qui passent dans ma mémoire
En me bouffant la moelle
De mes tartes aux pommes
Un chien galope sur la montagne
Et regarde avec attention
Son maître qui l'aime
Je vais manger par terre tiens!
Manger tout, les vers de terre
Et tes regrets
Prendre un avion prendre le train
Prendre ta main ou bien un bain
Mais partir
Ce cheval avec ses gros ongles mous
C'est moi qui l'ai fait
Je pars
Sur ce chemin de rendez vous
Sur ces chemins des petits coups
Où je riais encore enfant
Avec des billes dans la main
Et puis je regardais par terre
Ces limaces couvertes de terre
Qui me disaient
"Je suis à toi, mon roi"
Elle a dû en faire du chemin
Cette limace de mon enfance
Elle a dû partir bien plus loin que moi
Sûrement je pense
Je monte sur ce cheval de joie et je galope sur ton hernie
Avec des poils ...d'oiseaux
Qui volent
Prendre un avion prendre le train
Prendre ta main ou bien un pain
Mais partir
Je laisse là ce p'tit journal
Où on me parle de n'importe quoi
D'une chouette ou d'un cheval
Qui rient ensemble
De Gogol ou de Marx Brothers
Je pars
Je pars
Je vais partir...
..à la renverse
( J'y arriverai pas... )
14:20 Publié dans Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
03/12/2004
Dialecte informatique
Les Anglo-saxons ont créé un suffixe pour désigner diverses composantes de l'informatique. Il s'agit de "ware". On a ainsi :
- le hardware : le matériel informatique;
- le software : tout logiciel;
- le shareware : un logiciel requérant une participation financière;
- le freeware : un logiciel entièrement gratuit.
Les Québecois ont jugé utile de compléter ce vocabulaire informatique. Et voici le résultat :
- un ensemble d'écran de veille : un dortware
- un logiciel antivirus : un mouchware
- un logiciel de classement : un tirware
- un logiciel de copie : un mirware
- un logiciel de merde : un suppositware
- un logiciel de nettoyage du disque dur : une baignware
- un logiciel de préparation de discours : un oratware
- un logiciel de vote électronique : un isolware
- un logiciel de compression de données : un entonware
- un logiciel pour documents en attente : un purgatware
- un logiciel très compliqué : un assomware
- un réseau local d'une entreprise : un coulware
- un serveur de réseau : un abreuware
- une poubelle Windows : un dépotware
- une réunion des responsables informatiques : un tupperware
- une salle informatique non climatisée : une rotissware
Et enfin, le plus important dans la conjoncture actuelle est un logiciel d'aide à la demande d'augmentation de salaire : un vatfaireware.
À la prochaine : Oreware !!!
11:37 Publié dans Langues , Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Complainte d'un maudit français
Voici le récit croustillant d'un couple de France qui vient tout juste de déménager au Québec.
1er AOÛT
Nous venons d'emménager dans notre nouvelle maison au Québec. C'est très beau ici. Tout est si immense et sauvage, et les montagnes sont si majestueuses. J'ai très hâte de les voir recouvertes de neige, et de voir le fleuve pris dans la glace.
1er OCTOBRE
Québec est le plus bel endroit du monde. Les feuilles des arbres ont pris toutes les teintes possibles de rouge et d'orange. Nous sommes allés nous promener en montagne et nous avons vu des chevreuils. Quelles créatures gracieuses ! Ce sont certainement les plus beaux animaux de la création. Cet endroit est le paradis sur terre ! Je l'adore.
1er NOVEMBRE
La saison de chasse au chevreuil commence bientôt. Je ne peux pas croire qu'on puisse tuer un si bel animal. J'espère qu'il neigera bientôt. J'aime vraiment le Québec (sauf en ce qui concerne ses lois sur la chasse, bien sur, mais il est vrai que nature et sauvagerie vont un peu de pair...)
1er DÉCEMBRE
Il a neigé hier soir. Nous nous sommes réveillés ce matin pour découvrir que tout était devenu blanc. Une vraie carte postale ! Nous sommes tous sortis et avons fait un combat de balles de neige. C'était vraiment le pied ! Quel bel endroit ! L'air est pur, tout est propre et blanc. C'est magnifique !
10 DÉCEMBRE
Encore de la neige hier soir. C'est merveilleux ! La charrue nous a encore fait une petite blague dans l'entrée. (les québécois appellent "charrue" le camion-deblayeur qui pousse la neige hors des chemins. Une autre de leurs cocasses expressions si typiques...) Les Québécois sont sympas... De bons vivants qui aiment s'amuser malgré la neige et le froid, quoi!
15 DECEMBRE
Encore de la neige hier soir. J'ai été un peu embêté hier parce que je n'ai pas pu sortir la voiture de la cour pour aller travailler. La neige, c'est très beau, mais j'avoue que je suis un peu épuisé de pelleter. "Crisse de charrue", comme disent si typiquement les Québécois ! "Crisse" est un juron utilise par les habitants de ce pays ayant une tradition catholique très imprégnée. Les habitants semblent l'utiliser assez fréquemment, à cause de l'hiver peut-être... A éviter quand même, car il s'agit d'une expression vulgaire, me disent même les gens d'ici. Je crois que leur manque de vocabulaire amène les Québécois à utiliser ce juron plutôt que des expressions plus recherchées.
21 DECEMBRE
Il est encore tombé de la merde blanche hier soir. Tu ne le croiras pas, mais j'ai des ampoules plein les mains à force de pelleter. Je crois que le gars de la "charrue" se cache dans un coin de la rue et attend que je finisse de pelleter pour remplir la cour à nouveau. J'ai d'abord cru qu'il nous faisait ça parce que nous étions nouveaux au pays, mais je crois maintenant que c'est parce qu'il est fondamentalement un câlisse de chien sale. ("Câlisse de chien sale" est une expression parfois employée par les gens d'ici pour désigner les gens avec qui ils ont des conflits ou qu'ils n'aiment carrément pas.)
25 DECEMBRE
Joyeux Noël ! "Hostie de crisse de temps des fêtes à marde", comme ils disent parfois ici. Il est encore tombé de la tabarnac de neige ("Tabarnac" est un autre juron catholique qui vient du mot tabernacle"). Un Noël blanc, c'est bien beau, mais n'empêche que si jamais je mets la main sur le câlisse de chien sale qui conduit la charrue, je m'en vas y faire faire un hostie de boutte sur les coudes. Autre expression typique, mais tu commences à t'en foutre, des expressions typiques... Je ne comprends pas pourquoi ils n'épandent pas plus de sel (ils disent "calcium", ces cons...) sur les routes pour faire fondre la glace.
27 DECEMBRE
C'est pas croyable, mais il est encore tombé de la crisse de neige hier soir ! Et ce matin, on se les gèle à se les fendre ! Ça fait trois jours qu'on n'est pas sortis de la maison, sauf pour pelleter la tabarnac d'entrée à chaque fois que le câlisse de sale passe avec son hostie de charrue ! On peut pas aller nulle part. Le char (Ils disent "char"au lieu de voiture parce qu'ils ont tous la bouche gelée) était pris dans une véritable montagne de neige. Quand j'ai eu enfin fini de tout gratter,le crisse de bazou voulait pu partir à cause du frette ! Y faisait moins vingt-sept à matin, calice ! Ça se peut presque pas ! Avec le facteur vent à marde, ça faisait moins 44 Celsius ! Incroyable ! Tu vas pas pisser dehors avec un temps pareil, j'te jure ! Sauf que nous, il faut qu'on aille pomper l'eau à bras dans le hangar à côté... Si on avait su, on aurait acheté une maison avec pompe électrique et puits intégrés comme eux ! En plus d'être un peu cons, ils doivent pas avoir la bite grosse en hiver, ceux-la ! Québec, pays des bites gelées ! Ha ! Ha ! Ha ! Ce midi, la gonzesse de la météo a annoncé qu'il ferait un peu plus chaud mais qu'il allait tomber 10 pouces de plus de neige à soir"... Dix pouces, c'est la longueur de ma queue (sans blague !), et ça fait dans les 20 centimètres...
28 DECEMBRE
La gouine de la météo se l'est mise complètement dans le trognon, la connasse ! On en a eu pour 24 pouces de c'te calisse de marde-la ! 24 pouces, crisse de calisse de tabarnac ! Soixante centimètres ! Non, mais tu te rends compte ? Ça sera pas fondu avant l'mois d'août, ça, calvaire ! Pis tu le croiras pas, mais la charrue est restée prise dans le banc de neige en face, pis l'hostie d'écoeurant qui la conduit est venu cogner chez nous pour demander s'il pouvait emprunter ma pelle ! Après lui avoir dit que j'avais passé au travers six pelles pour pelleter toute la marde qu'il m'avait poussée dans l'entrée, j'y ai cassé la septième sur sa crisse de tête de fif!
30 JANVIER
On a fini par sortir de la maison aujourd'hui. On a enfin pu se rendre à l'épicerie pour acheter de quoi manger, mais en revenant un calisse de chevreuil s'est crissé devant le char pis je l'ai fessé. J'ai pour 3000 $ de dommage! L'hostie d'imbécile m'a vu arriver, j'ai klaxonné, mais y est resté là à nous regarder foncer sur lui comme un crisse d'innocent ! Comment ça se fait que les hostie de chasseurs les ont pas tous tués au mois de novembre, ces hosties de pourritures-là ? J'ai jamais pensé qu'un animal puisse être si stupide!
1er MAI
J'ai emmené le char au garage. Y'est plein d'hosties de trous ! Plein, d'un boutte à l'autre, calvaire ! Y a pas six pouces carrés qu'y a pas de rouille, calice, à cause de l'hostie de calcium qu'ils mettent partout dans les chemins, c'te gang de tabarnac d'épais-là ! Ça peut ben leu couter cher de vivre icitte, hostie de calice ! Y scrappent un char par année, c'est sur, à marcher d'même, gang de tabarnac !
30 MAI
Marie-Maude pis moé, on a décidé de crisser notre camp en France*. La neige a même pas fini de fondre dans le bois que les hosties de maringouins pis les tabarnac de mouches à marde commencent à sortir. On peut même pas prendre une bière dehors sans n'avoir plein à face, calice, moi qui voulait profiter de mon beau lac ! J'en ai plein le cul du Québec ! J'peux pas comprendre qu'y aille du monde assez innocent pour
rester dans un crisse de trou pareil !
* D'autres déménagent en Floride !
11:20 Publié dans Langues , Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Enfin la neige !
Mercredi 1er décembre
En début de matinée, je me rendais à Montréal, dans le coin de Mont-Royal, pour une autre entrevue d'embauche sous les premières chutes de neige. De la belle grosse neige cette fois-ci. C'était merveilleux et féerique ! À la sortie de mon entrevue, elle se transforma malheureusement en pluie en raison de la température proche de zéro. Avant de me rendre à un dîner d'amis dans le Vieux-Montréal, je faillis glisser plusieurs fois à cause de la sloche* qui s'infiltrait aussi dans mes chaussures. Maudite marde blanche ! Une fois rentrée à la maison, j'étais heureuse de rechauffer mes pieds trempés dans une nouvelle paire de chaussettes et de boire un bon thé vert bien chaud entourée de nos trois petits.
Jeudi 2 décembre
Cette nuit, la sloche avait gelé et s'était transformée en véritable patinoire. J'avais oublié que c'était si glissant et dangeureux. Sur les trottoirs, je patinais tout en essayant de garder mon équilibre. Durant mon périple, je bénissais les propriétaires d’un bout de trottoir qui avaient eu la bonne idée de mettre du sel ou du sable.
Vendredi 3 décembre
Pendant que je vous écris cette note, je vois de la petite neige qui tombe. Avec le facteur éolien, il fait présentement -16 ! Icitte, c'est une température correcte pour nos autres.
Sloche* : pour désigner le mélange de neige et d'eau qui tombe en averse ou qui se trouve au sol, les spécialistes de la météorologie, de la glaciologie et de l'hydrologie ont retenu le terme bouillie neigeuse. Dans le domaine de l'aéronautique, on parle simplement dans ce sens de neige fondante, une expression générale assez répandue. Dans le sens plus particulier de « neige détrempée et souillée », on peut lire et entendre de plus en plus souvent le terme gadoue dont le sens premier, « terre détrempée », est aisément applicable à la neige humide ou boueuse. Dans le même sens, l'anglicisme slush ou sa forme francisée sloche (parfois slotche), nom féminin, est usuel au Québec depuis le début du vingtième siècle mais cet emploi demeure critiqué. De son côté, Radio-Canada, qui appuyait dans les années soixante l'emprunt adapté sloche, a plus tard opté pour le néologisme névasse mentionné dans des ouvrages mais resté rare dans l'usage parlé ou écrit. Enfin, notons l'emprunt en langue française du terme russe raspoutitsa dont le sens peut être associé à la gadoue puisqu'il désigne la période de dégel et la boue ainsi créée dans les chemins de terre. Source : Office Québécois de la langue française.
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