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04/03/2005
24 juin 1968
Au lieu de regarder le combat du séduisant Docteur Brett Montgomery contre une épidemie de poux au Coeur a ses raisons, j'étais plus intéressée à comprendre par le documentaire de Luc Cyr, Les Feux de la Saint-Jean, une date historique du Québec, le presque pays, sur le plus célèbre défilé de la Saint-Jean Baptiste chargé de symboles : la nuit du lundi 24 juin 1968 surnommée le «Lundi de la matraque». J'en suis encore bouleversée par cet évènement hélas peu connu.
Ils sont 292. Ils sont indépendantistes québécois. Le 25 juin 1968, ils sont tous en prison. Parce que la veille, au lieu de faire la fête, ils sont allés à la guerre. Pour eux, parmi les 400 000 Canadiens français présents pour le défilé de la Saint-Jean, il y en avait un de trop. Un homme qui leur avait déclaré la guerre.
Cette année-là, les Montréalais venus assister au traditionnel défilé de la Saint-Jean-Baptiste vont être témoins et parties d'un affrontement qui deviendra emblé-matique. Pierre Elliot Trudeau, à la veille de son premier test électoral, a décidé, envers et contre tous, d'assister au défilé. Les séparatistes perçoivent son geste comme un affront et sont déterminés à le chasser de l'estrade d'honneur. Les policiers sont nerveux et ont la matraque leste.
Cet événement se passe dans un contexte où les Canadiens français en ont ras-le-bol : assez des patrons qui ne parlent qu'anglais, des travailleurs et des chômeurs qui sont français, des immigrants qui grossissent la population anglophone... Marginaux qu'ils étaient jusqu'alors, leurs rangs ont grossi depuis qu'ils ont le soutien du président de la France (le fameux Vive Québec libre ! du général de Gaulle, cliquez ici) et qu'une vedette politique, René Lévesque, s'est rangée de leur côté.
Pour Pierre Elliot Trudeau, la séparation du Québec n'est pas une solution. Au printemps 1968, il répète sur toutes les tribunes : « Je veux mettre le Québec à sa place et sa place est dans le Canada, pas ailleurs ! » Alors pour Pierre Bourgault et de nombreux autres indépendantistes, la place de Trudeau n'est surtout pas au défilé de la Saint-Jean. « Le 24 juin, c'est la fête des Canadiens français. Il ne reconnaît pas l'existence de la nation canadienne française, il n'a pas d'affaire à y assister et à y faire le paon » déclare publiquement Bourgault. Pour tous les indépendantistes, comme pour les policiers, c'était évident qu'il allait se passer quelque chose ce soir-là, mais quoi?
Rapidement, les événements dégénèrent. Les manifestants font preuve d'audace et les policiers, d'une extrême violence. Des manifestants sont arrêtés par centaines, puis battus à coups de matraque. C'est une véritable émeute. Pendant ce temps, des millions de Canadiens regardent la parade que diffuse Radio-Canada, sans savoir ce qui s'y déroule réellement. Ce n'est qu'une heure plus tard, alors que le défilé est interrompu en raison des événements, que les téléspectateurs vont enfin découvrir qu'il y avait plus qu'un défilé.
À 23 h 30, le journaliste de Radio-Canada Claude Jean Devirieux est appelé à raconter au téléjournal ce qu'il a vu lors du défilé et fait état du manque de contrôle des policiers et de leur violence. Quelques heures plus tard, il est suspendu pour avoir tenu des propos tendancieux. Le lendemain, jour d'élection fédérale, les journalistes francophones de Radio-Canada feront une grève d'une journée, en appui à leur collègue. Ce n'est donc qu'au réseau anglais qu'on pourra assister à la victoire de Pierre Elliot Trudeau.
Vidéo d'archives
Revue de presse
Ils sont 292. Ils sont indépendantistes québécois. Le 25 juin 1968, ils sont tous en prison. Parce que la veille, au lieu de faire la fête, ils sont allés à la guerre. Pour eux, parmi les 400 000 Canadiens français présents pour le défilé de la Saint-Jean, il y en avait un de trop. Un homme qui leur avait déclaré la guerre.
Cette année-là, les Montréalais venus assister au traditionnel défilé de la Saint-Jean-Baptiste vont être témoins et parties d'un affrontement qui deviendra emblé-matique. Pierre Elliot Trudeau, à la veille de son premier test électoral, a décidé, envers et contre tous, d'assister au défilé. Les séparatistes perçoivent son geste comme un affront et sont déterminés à le chasser de l'estrade d'honneur. Les policiers sont nerveux et ont la matraque leste.
Cet événement se passe dans un contexte où les Canadiens français en ont ras-le-bol : assez des patrons qui ne parlent qu'anglais, des travailleurs et des chômeurs qui sont français, des immigrants qui grossissent la population anglophone... Marginaux qu'ils étaient jusqu'alors, leurs rangs ont grossi depuis qu'ils ont le soutien du président de la France (le fameux Vive Québec libre ! du général de Gaulle, cliquez ici) et qu'une vedette politique, René Lévesque, s'est rangée de leur côté.
Pour Pierre Elliot Trudeau, la séparation du Québec n'est pas une solution. Au printemps 1968, il répète sur toutes les tribunes : « Je veux mettre le Québec à sa place et sa place est dans le Canada, pas ailleurs ! » Alors pour Pierre Bourgault et de nombreux autres indépendantistes, la place de Trudeau n'est surtout pas au défilé de la Saint-Jean. « Le 24 juin, c'est la fête des Canadiens français. Il ne reconnaît pas l'existence de la nation canadienne française, il n'a pas d'affaire à y assister et à y faire le paon » déclare publiquement Bourgault. Pour tous les indépendantistes, comme pour les policiers, c'était évident qu'il allait se passer quelque chose ce soir-là, mais quoi?
Rapidement, les événements dégénèrent. Les manifestants font preuve d'audace et les policiers, d'une extrême violence. Des manifestants sont arrêtés par centaines, puis battus à coups de matraque. C'est une véritable émeute. Pendant ce temps, des millions de Canadiens regardent la parade que diffuse Radio-Canada, sans savoir ce qui s'y déroule réellement. Ce n'est qu'une heure plus tard, alors que le défilé est interrompu en raison des événements, que les téléspectateurs vont enfin découvrir qu'il y avait plus qu'un défilé.
À 23 h 30, le journaliste de Radio-Canada Claude Jean Devirieux est appelé à raconter au téléjournal ce qu'il a vu lors du défilé et fait état du manque de contrôle des policiers et de leur violence. Quelques heures plus tard, il est suspendu pour avoir tenu des propos tendancieux. Le lendemain, jour d'élection fédérale, les journalistes francophones de Radio-Canada feront une grève d'une journée, en appui à leur collègue. Ce n'est donc qu'au réseau anglais qu'on pourra assister à la victoire de Pierre Elliot Trudeau.
Vidéo d'archives
Le défilé interrompu en direct de Radio-Canada, cliquez ici.
Revue de presse
À voir à la télévision le jeudi 3 mars - Soirée chaude
Paul Cauchon, Le Devoir.
12:50 Publié dans Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : canada



Commentaires
Un des livres qui me vient spontanément à l'esprit lorsqu'on parle de cette période est Nègres Blancs d'Amérique de Pierre Vallières
Ecrit par : hadrien | 04/03/2005
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