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12/10/2005

L'anglais sans peine

Lors d'une entrevue d'embauche, un employeur m'a fait des réflexions discriminatoires sur mon accent après que je me sois exprimée un peu en anglais*. J'étais bouche bée et furieuse mais je suis restée polie durant l'entretien. Croyez-moi que je regrette amèrement de mon silence.

Il est vrai que je dois améliorer mon anglais parlé mais reprocher un accent est un scandale. Dans le monde actuel où il est tenu de connaître l'anglais dans certains domaines d'affaires, j'accepte les critiques et les conseils de cours dont je ne peux malheureusement pas m'offrir pour l'instant à cause de ma situation sans emploi.

C'est pourquoi je me suis mise à l'auto-apprentissage par immersion. Une méthode incontournable et efficace depuis 75 ans offerte par l'éditeur Assimil.

D'ailleurs, je dois vous laisser pour pratiquer ma nouvelle leçon.

  1. Maï tée'lë iz ritch.
  2. Maï tée'lë iz not ritch.
  3. ...

* Le Canada a deux langues officielles, le français et l'anglais. Un employeur ne peut refuser de vous embaucher parce qu'il n'aime pas l'accent de votre langue maternelle, car il ferait alors preuve de discrimination condamnée par la loi canadienne sur les droits de la personne.

Commentaires

Maïté* connaît l'anglais ??? Qu'elle soit riche, je n'en doute pas trop.

Il est vrai que le Français ont un accent assez prononcé en anglais et cela doit choquer chez des Canadiens.


*la grosse cuisinière dans les pubs pour lessive...

Ecrit par : G MIKE | 12/10/2005

Pfff..., tu n'es pas possible G. Mike ! ;-)

Ecrit par : Gwenaëlle | 12/10/2005

Le jardin de mon oncle est plus grand que le chapeau de mon cousin.

Il y a des anglophones en Amérique qui pratiquent une telle forme d'inflation de l'imaginaire qu'ils en viennent à se donner le nom de tout un continent en guise de nom de pays, sans se rendre compte qu'ils n'y sont pas seuls.

Je dis.

Ecrit par : Louis | 12/10/2005

donteu worieu gwen visse gaïe izeu asseu ole !!!

Ecrit par : Lionel | 12/10/2005

Surtout que c'est une idée stupide et erronée de croire qu'un "accent" formaté est indispensable à la bonne perception de l'interlocuteur.
On a la même discrimination sur Paris vis à vis des accents de province :-(

Qui a dit que les langues commerciales étaient vivantes ?

Ecrit par : Rorschach | 12/10/2005

Sur la France et les Belges... qui n'ont pas d'accent !

Ecrit par : G MIKE | 13/10/2005

C'est carrément discriminatoire!
Question de fond, vu du Canada, sont-ce les Québécois qui parlent français avec un accent ou bien les Français qui parlent français avec un accent?
Et quand ils parlent anglais, les Québécois ont-ils un accent québécois (jamais entendu Céline Dion, Arcade Fire ou les Cow Boys Fringuants parler anglais... donc peux pas juger sur pièce)...
Courage!
Faut peut-être traverser le Saint Laurent popur aller passer quelques temps de l'autre côté de la frontière pour attrapper un accent!

Ecrit par : dubuc | 13/10/2005

Le Québec est vraiment impossible (et incertain).

Tu as raison d'être furieuse, Gwenaëlle.

Mais quelle bêtise ! Tu ne parles pas bien anglais ? Tu as un accent ? Et alors ? Le français est la langue officielle du Québec (loi 22), que DIABLE !

C'est bien l'esprit colonisé des Québécois qui s'exprime ici : "Hé ! Mais on ne doit pas avoir d'accent, quand on fait du business avec les Ricains ou les Anglo-canadians."

L'anglais comme moyen de promotion sociale...

Je suis moi-même québécois. Je parle très mal anglais. J'ai un anglais des plus approximatifs. En interview, je me le suis fait reproché souvent. C'est peut-être pour ça (?) que je suis toujours sans emploi, n'ayant aucune valeur sur le marché de la libre concurrence !

Je devrais m'y mettre, moi aussi. Apprendre cette langue... Paraît que l'anglais utilisé dans le business comporte à peu près 1000 mots. Ça demande un tout petit peu d'énergie, énergie que je n'ai malheureusement pas...

Enfin, bon courage, Gwenaëlle.

Amitiés,

Philppe L.

Ecrit par : Philippe | 13/10/2005

Dubuc > L'employeur me parlait des accents francophones en général (à la lecture de mon CV, l'employeur constate bien que je suis Française) et critiquait le mauvais enseignement de l'anglais dans l'ensemble des pays. Quant à Céline Dion, je l'ai entendu à plusieurs reprises s'exprimer dans un très bon anglais.

Philippe > Je partage ta révolte. Les personnes qui ne connaissent pas l'anglais sont aujourd'hui traitées comme des infirmes qui méritent un coup pied dans les fesses pour l'apprendre (dixit Jacques Parizeau à l'émission des Francs tireurs. M'a déçu là...) ! Lors d'une discussion avec un ami, celui-ci m'a expliqué que la progression vers une situation où l'on ne parlerait qu'une seule langue (l'anglais) est... normale ! J'étais choquée et désespérée.

Hélas c'est une pensée dans l'air du temps dans une grande partie de la société. Cependant c'est une fausse idée !! L'anglais est peut-être aujourd'hui la langue la plus parlée, mais ça ne va pas durer ! Le poids de l'espagnol monte aux Etats-Unis. Comme le chinois et le japonais aussi !!!

Je te souhaite aussi bon courage. Bien à toi.

Ecrit par : Gwenaëlle | 14/10/2005

Ça me rappelle qu'enfant, avec ma mère chez Eaton, le jeune vendeur anglophone, manifestement un étudiant qui s'était trouvé un job d'été, nous avait reçus avec un "Sorry, I don't speak French" qui avait laissé ma mère bouche-bée. Je venais de découvrir l'anglosphère, comme on dit aujourd'hui.

Speak white disaient les racistes à leurs esclaves:

http://www.franceweb.fr/poesie/lalonde1.htm

Ecrit par : Louis | 14/10/2005

Merci à toi, Gwenaëlle !

Certes, l'anglais est et sera majoritairement la langue du commerce, surtout ici en Amérique. Mais l'anglais n'est pas l'unique langue de la culture ! Pour nous, francophones de toutes origines, c'est le français qui est notre instrument de culture et de communication.

L'Amérique française reste toujours à faire. Certains semblent avoir baissé les bras, mais pas tous, heureusement ! ;-)

Philippe

Ecrit par : Philippe | 14/10/2005

Qui ne s’est pas déjà tordu de rire à la lecture de ces fascicules ?

La première phrase sur laquelle je suis “ tombé ” a été “ Je suis enfermé dehors ” - “ I’ve locked myself out ” (aïve lokte maïsèlfe aoute). Comment avais-je pu oublier que ces brochures ne sont d’aucun secours pour parler une langue.

Elles sont faites pour les cas désespérés. Ils disposent ici d’un choix important de phrases adaptées aux situations les plus avariées. “J’ai perdu mon passeport ”. “ Mes bagages ne sont pas arrivés. ” “ Je n’arrive pas à l’ouvrir ”. “ C’est bloqué ”. Le véritable problème est que 98 % de ces infortunés voyageurs ont rangé leur guide de conversation dans les bagages égarés. Les 2 % restant ne peuvent être que des pessimistes bilieux qui étaient sûrs de perdre leurs bagages.

Nos pauvres touristes qui ont perdu leurs bagages, et peut-être même leur argent avec (I don’t have enough money) se retrouvent forcément dans un hôtel miteux. Le guide Berlitz, s’il n’est pas perdu avec les bagages, va les aider : “ La lumière ne marche pas dans ma chambre ”, “ l’ascenseur est en panne ” (au cas où cela vous arriverait alors que vous êtes à l’intérieur, ayez toujours un deuxième guide Berlitz dans la poche) “ il n’y a pas d’eau chaude ”, “ il n’y a plus de papier hygiénique ”, “ je suis désolé, j’ai cassé le/la ... ” Le guide ne dit rien de ce que vous avez cassé. Il vous laisse le choix. Si vous ne connaissez pas le mot correspondant, montrez les morceaux !

Il y a aussi, dans cet ouvrage, une dizaine de pages consacrées à un dialogue insensé entre un garagiste très patient et un chauffard inconscient dont le véhicule est dans un état lamentable. Après vous avoir fait comprendre que toutes les pièces qui composent le moteur de sa voiture sont en panne, il termine en disant qu’il repassera plus tard. Le garagiste ne bronche pas. S’il avait une once de conscience professionnelle, il empêcherait ce criminel de repartir et remorquerait immédiatement cette dangereuse épave jusqu’au cimetière de voitures le plus proche.

En revanche, il nous fut impossible de trouver la traduction de l’une de ces phrases si pratiques en Angleterre et qui nous brûlaient les lèvres en la circonstance : “ Cette chose doit-elle être mangée ? ” “ Pourquoi y-a t’il tant de bouteilles de vinaigre sur la table ? ” “ Pouvez-vous m’apporter de la nourriture s’il vous plaît ? ” “ Pourquoi ces gens rient-ils tout le temps ? ”. Non, à la place, il y avait “ la chasse d’eau ne marche pas ”, “ il n’y a pas de bonde pour la baignoire ”, autant de phrases qui n’étaient pas du tout adaptées à nos besoins.

Ecrit par : dan | 19/10/2005

Bien drôle ! Remarques, réflexions et anedoctes fines et judicieuses.

Merci aussi Dan pour ta belle plume.

Ecrit par : Gwenaëlle | 19/10/2005

Tu as le mérite de t'exprimer en anglais. C'est déjà beaucoup. Ton employeur potentiel est un moron.

Ecrit par : power | 28/10/2005

Bravo pour votre blog!
J'espère que vous avez retrouvé un emploi?
Merci de nous informer sur ce qui se passe au Québec!

Ecrit par : Eric Mainville | 11/12/2005

Merci beaucoup Éric !
Un emploi ? Non, hélas (long soupir). Pour rester positive, je m'occupe.
Sachez qu'il se passe beaucoup des choses au Québec ! J'ai d'ailleurs quelques notes en tête. À suivre....
Bien à vous !

Ecrit par : Gwenaëlle | 13/12/2005

Bonne chance dans ta recherche d'emploi, nous apssons tous par là et ce n'est drôle pour personne. Dis-toi que si tu n'a spas décroché l'emploi, c'est temps mieux qui aimerait travailler dans ce gerne d'environnement.

Ecrit par : Guy Cardinal | 13/02/2006

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