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24/10/2005
Wapikoni mobile
Dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma, le lundi 17 octobre avait eu lieu la deuxième édition du Wapikoni mobile, un studio de cinéma motorisé itinérant, qui offre aux jeunes des communautés autochtones l’occasion de s’exprimer grâce à leurs créations vidéos et musicales.
Entrée gratuite dans une petite salle bondée du Studio Juste pour rire, les cinéastes autochtones étaient sur place ainsi que le jeune rappeur anishinabe d'Abitibi Samien pour une prestation de son verbe talentueux avant la projection des meilleurs films de la cuvée 2005 animée par le cinéphile-critique Michel Coulombe.
Il y avait beaucoup d'émotions palpables dans l'air durant la vue des dix courts métrages. De la gêne avec une journée sur la présence de la violence, de l'alcool et de la drogue dans le quotidien de Denis Wababonik du Lac Simon avec son court métrage Comment tu t'appelles ?. Un jeune déchiré entre deux mondes et qui tient à sa culture. Du rire avec Coureur de nuit de Shanouk Newashish sur les jeunes qui courent la nuit à défaut de chasser des proies comme leurs ancêtres.
Le coup de coeur est pour l'essai initiatique de Mélanie Kistabish qui retrace l'histoire de ses ancêtres chassés d'un lieu de rassemblement, le Lac d'Abitibi (avec un extrait en ligne bien choisi, n'hésitez pas à cliquer !), titre de son oeuvre, et victimes des tentatives de "civilisation" par le fédéral Canadien avec la complicité de l'église. C'était il y a cinquante ans à peine. C'est un documentaire mature qui ressort de l'oubli des images d'archives. Une petite claque par la douce réalisatrice pour comprendre la blessure autochtone et interpeller la conscience collective sur un honteux passé oublié.
Ce fut une soirée mémorable et émouvante d'une authenticité troublante sur les réalités marginalisées des autochtones par la société blanche où les médias brillaient par leur absence. C'est bien dommage car ces jeunes ont énormément de talent et une culture d'une sensibilité subtile hélas trop souvent emmurée dans le silence.
On doit cette formidable initiative à la réalisatrice Manon Barbeau concrétisée en 2004 grâce à la collaboration des Productions des Beaux-Jours (sa compagnie) et de l’Office national du film (ONF). Sur le même concept, elle donne également la parole aux jeunes de la rue avec le studio Vidéo Paradiso.
Chapeau bas à toute l'équipe et encore bravo aux artistes !
Pour plus d'informations et de vidéos avec un carnet de routes : www.wapikoni.ca
16:15 Publié dans Cinéma, Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : canada, wapikoni, autochtone, cinéma, québec, canada


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