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02/11/2005
Le dossier "banlieue" : une crise attendue
La vague de violences qui secoue les banlieues de Paris n'est pas un problème datant d'une semaine suite au décès obscur de deux mineurs dans un transformateur électrique mais depuis le début des années 70 à cause d'une mauvaise politique d'intégration d'une communauté d'origine immigrante défavorisée et emmurée dans les parcs HLM.
Le mal des cités, un problème connu et enseigné mais craint
Dans les manuels d'histoire et de géographie, on y enseigne l'histoire de l'immigration, notamment à partir des Trente Glorieuses (1945-1973) où la France connaît un besoin important de main-d'oeuvre non qualifiée pour les tâches les plus pénibles et les moins rémunérés afin de reconstruire le pays au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Il faut souligner que le manque de logement est très important dans ces années d'après-guerre. Ainsi la banlieue des grandes villes voit se multiplier les zones d'habitat précaire, les fameux bidonvilles résorbés au début des années 70 par l'apparition des parcs HLM, qui accueillent les nouveaux migrants dans des conditions d'hygiène très difficiles. Mais au fil des années et des générations, la croissance économique facilite l'intégration des immigrés.
Cette période de paix économique prend fin lors du premier choc pétrolier en 1973. En juillet 1974, le gouvernement français suspend l'entrée des travailleurs étrangers. En contrepartie, il instaure une politique de regroupement familial à partir de 1976. Cependant, le regroupement familial accentue la crise du logement. L'exclusion sociale, le délabrement de l'habitat construit à la hâte dans les années d’après-guerre, le chômage massif qui touche les parents migrants mais aussi les enfants nés en France, et le rejet d'une partie de la population entraîne alors les premières années de la crise des banlieues.
Durant trois décennies, le gouvernement français délaisse les parcs HLM à se transformer en des ghettos urbains, frappés par un fort taux de chômage, d’échec scolaire et d’insécurité. Au quotidien, les jeunes vivent un sentiment d'exclusion et une crise identitaire de plus en plus difficile. Le désarroi grandit. Au fils des années, la tension devient de plus en plus palpable malgré les cris d'alarme des intervenants sociaux.
Les violences qui secouent aujourd'hui les banlieues de Paris sont les résultats des ratés de l’intégration des populations d’origine immigrée devenues le bouc émissaire de tous les maux de la société par les xénophobes et traitées comme de la "racaille" à "nettoyer au Karcher" par un soi-disant ministre de l'Intérieur, M. Nicolas Sarkozy. Durant six jours, le président Jacques Chirac et le premier ministre Dominique de Villepin ont laissé M. Sarkozy à opérer des méthodes répressives malgré les contestations dont la famille des victimes.
Cette longue et désastreuse absence d'écoute et de dialogue renforce à nouveau le malaise social des problèmes dits de l'immigration et de l'intégration. Le gouvernement français se doit donc de réagir afin d'éviter de mettre le feu à une énorme poudrière.
15:35 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : Europe


Commentaires
L'Europe est largement épargnée par les violences urbaines graves.
Les incidents reportés dans la presse à ce jour, restent cependant un phénomène inter-ethnique.
- Les communautés noire et asiatique de Birmingham, seconde ville de Grande-bretagne
- Les rixes des gangs latinos rivaux entre les "Latins Kings" et "Las Netas", émigrés venus d'Amérique du Sud.
En général, il existe peu de concentration de population immigrée en Europe.
A part la France...
Ceci-dit,
Jacques Chirac est intervenu ce soir pour réclamer solennellement l'apaisement des "esprits" face à la propagation des violences urbaines parties de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) à plusieurs départements d'Ile-de-France.
Ecrit par : Angelina | 02/11/2005
Les problèmes de fond ne pourront jamais se traiter avec radicalisme et aussi facilement qu'on le sous entend. Sarkozy fais des appels de voix à l'extrême droite en adoptant ces propos radicaux (Karsher, racailles ...) mais il n'a fait qu'envenimer des villes où le discours est toujours de stigmatiser les populations qui y vivent. De Villepin a joué la discrétion en espérant enfin le faux pas de Sarkozy. Désespérantes ces manoeuvres politiciennes ....
Ecrit par : Rorschach | 02/11/2005
Après 6 jours de mutisme et d'inaction, il était temps que Chirac intervienne !
Est-ce encore un calcul politique pour descendre Sarko après son dérapage ? Si c'est le cas, ce n'est pas vraiment le moment. -(
Ecrit par : Gwenaëlle | 02/11/2005
Certains illuminés d'extrême droite voient dans les violences des dernièrs jours le début d'une guerre civile en France, rien de moins !
Espérons que ces discours n'auront aucun écho dans la population. Mais avouons que, pour le moment, les politiques français semblent complètement dépassés : il y a de quoi s'inquiéter...
Ecrit par : Curieux | 02/11/2005
Merci Gwen de mettre en perspective les événements de clichy sous bois et d'argenteuil.
Ecrit par : Lionel | 03/11/2005
L'intervention de Sarko était un dérapage "contrôlé"... Mon sentiment est que ces phrases chocs sont destinées à obtenir les suffrages des votes extrêmes...Malheureusement, c'est un peu l'arroseur arrosé : en stigmatisant toute une population (les "racailles") dont seuls quelques uns sont à l'origine des émeutes, il ne fait que raviver la haine à laquelle une frange solide de la France adhère. Cette frange, je les appelle les ignorants (au sens premier du terme) qui, à la simple vue d'images de guérilla urbaine, vont paniquer et penser que le sauveur est incarné en la personne de Le Pen...Quoiqu'il en soit, c'est une situation complexe, et il ne faut pas dire que rien n'a été fait des dernières années : ce que l'on nomme la politique de la ville. qui s'accompagne de termes comme ZUS (Zone urbaine sensible) ou zones franches (destinées à attirer les entreprises en ces lieux), a pour but de réduire le problème de la précarité de ces quartiers. Bien-sûr, c'est l'emploi qui est au coeur de la problématique. Mais quand on sait que des jeunes de ces quartiers sont obligés de mentir sur leur CV quant à leur lieu de résidence pour se trouver un job, on comprend combien la situation est difficile à résorber. Deux sociologues ont superbement écrits sur ce sujet : Beaud et Pialoux (2003), "Violences urbaines et violence sociale : genèse des nouvelles classes dangereuses", chez Fayard. Leur thèse : la violence urbaine est la traduction avant tout d'une violence sociale que subissent ces jeunes... Dans un an, je serai certainement confronté à ce problème, puisque, devenant prof, je serai muté en ZEP à coup sûr (à ce propos, le turn-over des jeunes profs sans expérience dans les établissements d'enseignement des ZEP n'arrange en rien au problème)...
Ecrit par : Matt | 03/11/2005
D'abord bravo pour ce superbe blog : un exemple.
Ensuite, je voudrais rappeler que les médias adorent ce feuilleton des banlieues qui leur garantit des images merveilleuses pour les journaux télévisés nationaux que la France réclame. Pendant ce temps, on ne parle plus de ce photographe qui s'est fait battre à mort devant sa fille et sa femme alors qu'il prenait des photos en ville en soirée... car il n'y avait pas d'images.
Cela n'a rien à voir, mais concernant la bactérie E COLI, je suis surpris du manque d'initiative des autorités sanitaires françaises. En effet, pourquoi ne pas faire de simples recommandations sur la cuisson d'aliments destinés aux personnes sensibles (femmes enceintes, enfants...) afin de tuer virus ou bactéries ?
Ecrit par : gunnar | 05/11/2005
Les évènements de ces derniers jours ont choqué la France entière. Les agissements méprisables d’une infime minorité, au cœur de quartiers de plusieurs milliers de logements, apportent l’opprobre et la réprobation sur l’intégralité des habitants. Ni la généralisation du terme « racaille » à l’ensemble des habitants de banlieues ni la sous-traitance des appels au calme à des « grands frères » ou à des représentants communautaristes ne sont de nature apaisante.
Ces flambées de violence révèlent une facture sociale longtemps ignorée, l’échec des différentes politiques d’intégration et de lutte contre les discriminations. Le traitement politique des banlieues ne passe pas seulement par la déconstruction des barres d’immeubles : il doit devenir une priorité. La légitimité de l’intervention publique ne tient pas seulement dans la force publique, néanmoins indissociable de la cohésion nationale.
Cet échec révélé, il est temps de proposer des alternatives à la politique conduite par les gouvernements successifs : nous devons prendre en compte la diversité de la France, lutter contre les discriminations en favorisant le rééquilibrage républicain, continuer d’aider et surtout de pérenniser l’implantation d’entreprises et d’administrations dans ces quartiers défavorisés. Les services publics, écoles, polices et transports ne doivent pas abdiquer face à ces bandes dont le comportement pénalise d’abord les habitants des quartiers.
L’Association pour l’intégration des jeunes issus de l’immigration dans la République, forte de ses associations départementales et de ses 1200 membres, condamne fermement aussi bien les actions violentes et dévastatrices conduites par des jeunes en détresse sociale que les propos provocateurs de Nicolas Sarkozy, et appelle à une relance de la politique d’intégration sur la base de notre socle républicain.
Djamel Keriche,
Président de l’association pour l’intégration des jeunes
issus de l’immigration dans la République. (AIJIIR)
Contact : 06 78 52 91 83 et aijiircommunication@yahoo.fr
Ecrit par : Djamel Keriche | 06/11/2005
ça sera toujours de la faute de la société quoi qu'ilen soit et jamais celle des autres...
Tout mettre sur le dos de la société et accusé le gouvernement actuel est d'une facilité déconcertante pour avoir la haine suffisant comme tous ces abrutis qui pensent que brûler des bagnoles, blesser ou tuer des citoyens sera la solution. ça nous démontre encore une fois la bassesse des esprits ardants mal renseignés agissant comme des pions parce que " YO c'est la société qui veut ça". Mon cul oui la société c'est toi et tu l'assummes BOUFFON.
Ecrit par : un francais | 07/11/2005
Merci Djamel de porter à la connaissance de tous l'existence de cette assoc que je ne connaissais pas. Je vais tout à fait dans le sens de tes propos.
Ecrit par : Matt | 08/11/2005
Merci à Matt et à Djamel pour vos commentaires toujours aussi éclairants ouverts à l'écoute et au dialogue.
Ecrit par : Gwenaëlle | 08/11/2005
bien sur que la société a sa part de responsabilité d'ailluers chacun a sa part de responsabilité
du mec au costard trois piéces et aux mocassins italiens qui se permet de parler d'une vie qu'il n'a cotoyer que dans ses pires cauchemars au mec de sa cité qui chaque matin au lieu d'aller a l'école raz les murs en attendant midi pour manger a la cantine .
mais je parle aussi des médias qui ont longtemps représenté le jeune de banlieue comme un pauvre tye qui ne sait meme pas aligné trois phrases et qui a un accent plus gros que la maison blanche et qui a chaque foi que l'on veut le faire parler il surgit d'une cage d'escalier delabré avec des tagues sur le mur.
Comment voulez vous aprés que la france integre la banlieue sur sa carta politique c'est un fait avnt ces emeutes la banlieue était la partie obscur de la france celle dont on avait honte ...
Ecrit par : sofia | 31/12/2005
ps:exusez mes fautes d'orthographe ,c'est que c'est vraiment inadmissible , j'aurai encore tant de choses a dire sur ce sujet et celui de l'immigraton j'aimerai savoir ce que vous en pensez ...
Ecrit par : sofia | 31/12/2005
Personnellement, je pense que le problème réside, comme le dit bien l'article de base, dans une mauvaise politique d'intégration d'une communauté d'origine immigrante. Le problème ce situe là, pour moi cela ne fait aucun doute.
La situation de la vie quotidienne était très pénible pour les jeunes des banlieues, et l'accumulation des propos de Sarkozy ainsi que la mort des deux jeunes dans le transformateur éléctrique ont été un simple déclique à l'engrenage de violence qui les suivèrent.
Je ne pense pas qu'il y ait de véritable bouc émissaire. Ce ne sont directement ni les parents qui sont responsables de ces manifestations de délinquance, ni Mr Sarkory et ses porpos, ni la mort subite de ces deux jeunes de quartier.
Mr Sarkozy, a en effet employé des mots choquant, qui n'étaient pas adaptés, mais ces propos n'ont été que recueillis par Mr Sarkozy. Ils sont à l'origine tiré des paroles d'une mère au foyer habitant dans les banlieues.
Il est certain que Mr Sarkozy à joué sur ces propos pour montrer qu'il serait l'homme de la situation.
Mais il faut à présent se tourner vers l'avenir, et proposer des solutions, pas forcément radicales, mais des solutions de DIALOGUE. Les jeunes des banlieues ont besoin d'être écouté.
Je pense que seulement 1/3 des jeunes banlieusards qui ont manifesté leur mécontantement savait pourquoi il le fesait. Le reste est un effet de groupe.
Maintenant il faut comprendre, et instaurer le dialogue.
Ecrit par : Sandre (17 ans) | 03/01/2006
bravo pr ce blog grace a vs g des doc pr mes cour de economie
Ecrit par : amaury | 23/01/2006
Arrêtez de parler de Monsieur Sarkozy comme cela alors que les jeunes dont il parle s'exprime beaucoup plus mal et avec un vocabulaire beaucoup plus grossièrement. Il faut arrêter de lui jeter la pierre à lui car tout ces problèmes viennent de la politique de Mitterant et voyez ce qu'il se passe aujourd'hui. Les personnes défavorisé se terre dans les cités et y faut n'importe quoi
Ecrit par : Jean-Eudes | 31/01/2006
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