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21/12/2005

Radio-Canada censure un humoriste

Samedi et rien d’autre est la première émission qu'on m’a invité à écouter lors de mon arrivée au pays. De suite, j’ai apprécié le ton vivant, tantôt bon enfant, tantôt sérieux, assuré par Joël Le Bigot et ses précieux acolytes, et la diversité des sujets. Fidèle auditrice depuis trois ans, Samedi et rien d’autre accompagne mes matinées.

Attachée au chroniqueur François Parenteau, humoriste et membre du groupe Les Zapartistes, j'écoute rituellement ses billets d'humeur sur l'actualité sociale et politique, après les commentaires des journalistes sur la semaine écoulée. J'aime son verbe nourrissant, ses talentueuses imitations, ses tours de chant, sa verve créatrice et ses coups de gueule mordants. Parenteau sait fait rire, hausser les sourcils, et cogiter.

Samedi dernier, j’attendais impatiemment son billet en raison de l’actualité, riche ces jours-ci au Canada : le premier débat des chefs, la session extraordinaire à l'Assemblée nationale par le gouvernement Charest pour adopter ses lois contestées, la controverse sur les publicités du Parti Libéral du Canada plagiant le concept créé par la Ligue nationale d'improvisation sans autorisation, etc. Surprise, il était absent. J’étais assez déçue, en espérant le retrouver la semaine prochaine.

Hier matin, j’en apprends hélas le motif en écoutant l’émission de Marie-France Bazzo, Indicatif présent : congédiement… Je tombe des nues, je suis ébahie. Pourquoi ? Elle ne le dit pas. De plus, elle nous annonce la démission de son chroniqueur, Christian Vanasse, par solidarité à son camarade Zapartiste. Fini aussi les Deux Chris, rogntudjûû ! Comme on dit à cette radio, « écoutez pour voir »:

Je recherche l’information sur internet pour tirer au clair. Je trouve seulement un article verrouillé du quotidien Le Devoir, un léger article dans la Presse, et une note dans le blogue du journaliste Michel Vastel.

Il semblerait que son dernier billet d’humour, La chrétienté de Paul Martin, comparant l'évolution du discours politique du chef libéral Paul Martin à celui de l'ancien premier ministre Jean Chrétien, livré le 10 décembre dernier, n’a pas fait rire la direction de la radio d’État.

Dans une entrevue à l'émission Maisonneuve en direct, le directeur général de l'information radio à Radio-Canada, Alain Saulnier, a affirmé que M. Parenteau versait plus dans l'éditorial «attitré» que dans l'humour. Il va même jusqu’à le reprocher de… monopoliser l’opinion. C’est la meilleure !

Il a également justifié son congédiement par des explications vagues et malhabiles sur l’art d’une chronique d’humour politique. Franchement ! Prend-t-il les auditeurs pour des arriérés incultes ?

En pleine campagne électorale fédérale, le congédiement de cet humoriste, ne cachant pas ses opinions souverainistes, qui avait l’appui de toute l’équipe de l’émission depuis 8 ans, est maladroit, injustifiable, et choquant. Cela porte un nom : la censure.

Pendant ce temps-là, leur télé d’État tolère les propos discriminatoires répétés de Don Cherry, commentateur de hockey, envers les francophones et les Européens. C’est un monde !

Si vous souhaitez dénoncer cette décision, je vous invite à le communiquer à l'adresse suivante : auditoire@radio-canada.ca

M. Parenteau et M. Vanasse, vous me manquez déjà ! J’espère que vous trouverez une autre tribune pour vous exprimer. Pourquoi pas le blogue ? Heureusement, vous avez encore la scène. Bonne suite et bonne fête quand même !

En souvenir, un des meilleurs billets de François Parenteau : J'ai «pogné» un écureuil !

À écouter

À lire

Commentaires

Moi je les trouve "platte" les zapartistes, mais ça me rassure qu'il n'y ait pas seulement Jeff Fillion qui se fasse sacrer dewors des stations de radio. Au moins, c'est pas juste la droite qui se fait rentrer dedans, la gauche aussi.

Ceci dit, moi je préfèrerais que tous ces gens là, ces incompris trouvent leur place dans nos médias, parce qu'on ne peut pas vivre avec un baillon dans la bouche.

bewm

Ecrit par : brem | 21/12/2005

Les raisons du congédiement ?

Au goût de la direction de Radio-Cadenas, les billets de Parenteau n'étaient pas "typiquement canadien" ou ne contribuaient pas assez à la formation "d'une conscience et d'une identité nationales".

Pour les amateurs de documents écrits en novlangue, lire ceci :

« La programmation de la Société [Radio-Canada] devrait à la fois :

i. être principalement et typiquement canadienne,

ii. refléter la globalité canadienne et rendre compte de la diversité régionale
du pays, tant au plan national qu'au niveau régional, tout en répondant aux besoins particuliers des régions,

iii. contribuer activement à l'expression culturelle et à l'échange des diverses formes qu'elle peut prendre,

iv. être offerte en français et en anglais, de manière à refléter la situation et les besoins particuliers des deux collectivités de langue officielle, y compris ceux des minorités de l'une ou l'autre langue,

v. chercher à être de qualité équivalente en français et en anglais,

vi. contribuer au partage d'une conscience et d'une identité nationales,

vii. être offerte partout au Canada de la manière la plus adéquate et efficace, au fur et à mesure de la disponibilité des moyens,

viii. refléter le caractère multiculturel et multiracial du Canada. »

Ecrit par : Mille Milles | 21/12/2005

À Brem :

Fillion s'est fait congédier parce qu'il DIFFAMAIT, ce qui n'est définitivement pas le cas de Parenteau.

Ecrit par : Mille Milles | 21/12/2005

Mille Milles

La vérité est perçue par celui ou celle qui la perçoit.

Est-ce que RBO diffâmait ou faisait de l'humour?

Quelle est la ligne à ne pas franchir?

brem

Ecrit par : brem | 21/12/2005

La diffamation (i.e. porter à atteinte à la réputation d'une personne) est un crime : Fillion fut accusé et jugé coupable par une cour de justice.

Ecrit par : Mille Milles | 21/12/2005

Mille Milles > Je partage ton opinion sur Jeff Fillion. Il n'animait pas une émission d'humour mais de commérage diffamatoire. Il a récolté ce qu'il a semé.

Dans le cas de Parenteau, avec ce climat électoral, son congédiement est suspect et malhabile après 8 ans de service.

Brem > Tous les goûts sont dans la nature !

Si un humoriste va trop loin, c'est à la personne concernée d'en juger et de se défendre. Je suis pour une totale liberté d'expression mais surveillée afin d'éviter, par exemple, les propos discriminatoires et diffamatoires. Si dérapage, on fait débat.

Ecrit par : Gwenaëlle | 21/12/2005

Mais justement... Selon ce que je comprends, Parenteau a dit des choses sur des personnes et ces personnes là n'ont pas aimé. C'est comme l'histoire de Louis Morisette qui s'est fait sacrer à la porte après avoir parodié son boss, PK Péladeau.

Quand tu déranges, tu deviens "diffâmeur" selon cette personne.

C'est comme l'histoire de la LNI et les libéraux. On s'en sacre pas d'abord? Les souverainistes montent au barricades, tous offusqués... si c'était l'inverse, que le Bloc avait utilisé la LNI, est-ce que les artistes fédéralistes seraient montés aux barricades? Ah non, c'est vrai, faut être souverainiste pour être artiste au Québec.

Où quand Morency et Falardeau ont fait leur sketche contre Denis Coderre et les libéraux... c'est drôle... si on n'est pas Denis Coderre ou un libéral !

Je déteste la pensée unique, en ce sens, je trouve dommage le congédiement de Parenteau, mais en même temps, ça équilibre les choses. Dans ma tête en tout cas.

Il y a de la censure, mais dans toutes les sphères.

Comme je disais, la vérité (la notre) est perçu par celui qui la perçoit (i.e. nous). Donc comme tu dis, les goûts, la vérité, c'est selon la personne.

brem

Ecrit par : brem | 22/12/2005

Et puis-je ajouter que je suis d'accord avec vous que c'est à la personne concernée de faire des recours en justice pour obtenir rétribution.

Ce n'est pas au CRTC ni aux boss de radio-canada de décider de ce que je peux écouter ou non.

Pour moi, c'est la même bataille.

brem

Ecrit par : brem | 22/12/2005

Je ne connaissais pas Parenteau, mais son histoire ressemble tristement à celle vécue par la journaliste de la RAI italienne et relatée dans l'excellent film-documentaire "Viva Zapatero".
"Il a franchi la frontière entre la chronique humoristique et la chronique politique" argumentent les responsables de radio-canada. Mais qui fixe cette frontière ? Eux-mêmes. En fonction des aléas politiques auxquels ils sont soumis.
La démocratie est en danger quand on commence à baillonner les clowns.
Ici, en France, nous avons un éditorialiste de la radio nationale France-Inter, Didier Porte, qui va, à mon sens, encore plus loin et je pense que cela serait inimaginable de lui couper le micro de la sorte.

Ecrit par : vincent | 28/12/2005

««Gwenaëlle Sartre - On aime son verbe nourrissant, ses talentueuses imitations, ses tours de chant, sa verve créatrice et ses coups de gueule mordants. Parenteau sait nous fait rire, hausser les sourcils, et cogiter.
Comme on dit à cette radio, « écoutez pour voir »:»»

Permettez... Quelle belle description poétique d'un bouffon, qui parle.

Il m'est arrivé à l'occasion d'écouter cette émission pour aînés en bricolant dans le garage et rapidement j'ai développé le réflexe de zapper pour une autre station aussitôt qu'on annonçait le nom de Parenteau. Excusez-moi, je n'arrivais pas à supporter l'esprit bottine associé à la crétinité du langage, nourrit par les rires de ses voisins de studio. Décidément je n'ai pas les gouts de l'élitiste et de la génération du sciècle derneir.

««Gwenaëlle Sartre - En pleine campagne électorale fédérale, le congédiement de cet humoriste, ne cachant pas ses opinions souverainistes, qui avait l'appui de toute l'équipe de l'émission depuis 8 ans, est maladroit, injustifiable, et choquant. Cela porte un nom : la censure.»»

Vraiment étonnant. Je ne savais pas ça.
Toute l'équipe de l'émission appui le choix indépendantiste, par ricochet. Cela, pendant qu'ils sont payés par la radio publique du gouvernement du Canada. Ah bon ! C'est dire que ces gens occupent des postes qui pourraient autrement être occupés par des Québécois qui sont plutot en accord avec le mandat de la Société, promouvoir l'unité de la fédération canadienne.

Mais... Comment se fait-il que des auditeurs de choix indépendantiste écoutent une radio de l'union canadienne, au lieu des radios indépendantistes ?

C'est curieux... Depuis le début de cette affaire je n'arrive pas à trouver une seule personne qui peut répondre à ces trois question bien simples. Peut-être que vous le pouvez.
1- Quel est le nom de la personne qui a embauché ce type Parenteau ?
2- Combien était-il payé pour son billet ?
3- Comment se fait-il qu'à une radio publique du gouvernement du Canada n'ait pas embauché un humoriste fédéralistes, plutot ?

À vos «maladroit, injustifiable, et choquant», je ne comprend pas.

À ce que j'ai compris, la mission de la boite et donc de sa radio c'est de promouvoir la politique du rassemblement, de la mise en commun, de l'union canadienne. Et non la politique de la division de ses citoyens entre canadiens et québécois, par le démembrement de sa fédération. Comment dans ce cas peut-on concorder «ses opinions souverainistes» avec le mandat de la Société ?

Dites-vous que l'objet du licenciement d'un indépandantiste d'une société du gouvernement du Canada, c'est injustifiable ? Pourtant, en comparaison, je ne connais aucune organisation ou boite indépendantiste au Québec qui emploi des fédéralistes. Est-ce ça aussi injustifiable ou normal ?

Quant à votre accusation de censure, je trouve ça abrutissant pour l'intelligence des lecteurs. Voici pourquoi... Comment pouvez-vous justifier une accusation de censure, après le fait ?. C'est à dire, après que le billet de Parenteau ait été diffusé sur les ondes dans son intégralité ? Et, cela depuis huit ans semble-t-il.

À mon tour, une simple demande...
Pourquoi pas donner la chance à vos lecteurs de décider par eux même s'il s'agit de censure ?
Tapez et affichez en toutes lettres le mot à mot de son dernier billet, incluant la portion lorsqu'il parlait du Premier Ministre Paul Martin comme une ordure, à ce qu'on m'a dit. On verra bien.

««Gwenaëlle Sartre -M. Parenteau et M. Vanasse, vous me manquez déjà ! J'espère que vous trouverez une autre tribune pour vous exprimer.»»

J'espère aussi, chez les indépendantistes cette fois. Sinon il y a CHOI FM et CJMS AM qui leur iraient à merveille.

De toute façon, selon le PQ et le Bloc, le prochaine réfé sera gagnant. Et donc, pour Radio-Canada du boulevard René Lévesque, cela signifie qu'ils devront congédier tout le personnell, puis emballer et déménager leur tour et leurs bureaux et leur quinquallerie en Ontario.

Oui, il y un vaste éventail de tribunes pour le genre Parenteau et Vanasse. À la radio j'y vois CHOI fm et CJMS am qui leur iraient à merveille. Mais, j'ai un pressentiment que leur choix politique serait très rapidement supplanté par la question de l'argent. Ils n'aimeraient pas le niveau du cachet qu'on leur offrirait pour leurs talents d'artistes, au privé, à ce que j'ai compris. Tiens donc !

««vincent | 28/12/2005 - Il a franchi la frontière entre la chronique humoristique et la chronique politique« argumentent les responsables de radio-canada. Mais qui fixe cette frontière ? Eux-mêmes. En fonction des aléas politiques auxquels ils sont soumis. La démocratie est en danger quand on commence à baillonner les clowns.»»

La démocratie est en danger lorsque les employés prennent le public pour des débiles et des poubelles. C'est pour ces cas qu'il y a un CA et des directeurs et qu'ils ont la lourde responsabilité de licencier lorsqu'il n'y a aucune autre solution.

On a déjà vu ça ce genre de licenciement, à TVA, à TQ, à TQS, à CHOI FM, à CKAC AM et qui d'autre. Ah oui, j'oubliais. À CHOI radio X, lorsque Demers à montré du doigt la porte à Fillion. Quel est le problème particulier de RC ?
Serge

Ecrit par : Serge | 04/01/2006

On croirait lire un billet droit sorti d'une agence de propagande. Serge devrait savoir que le mandat de la Société Radio-Canada n'est pas de promouvoir l'"unité canadienne" (qui est une traduction mot à mot de Canadian Unity). On peut même lire des choses qui sont en contradiction directe avec les opinions susmentionées nulle par ailleurs que sur les pages de ladite Société.

Par exemple, ici (où l'on ne mentionne même pas la Charte canadienne des droits et libertés qui va encore plus loin) : http://cbc.radio-canada.ca/responsabilite/journalistique/preamble.shtml#freedom

Ailleurs (http://cbc.radio-canada.ca/responsabilite/journalistique/broadcast.shtml#33), on peut trouver ceci:

// 3.2 LES OBJECTIFS DE PROGRAMMATION DE RADIO-CANADA

La Loi sur la radiodiffusion dit ceci :

" 3. (1) Il est déclaré que, dans le cadre de la politique canadienne de radiodiffusion :

(l) la Société Radio-Canada, à titre de radiodiffuseur public national, devrait offrir des services de radio et de télévision qui comportent une très large programmation qui renseigne, éclaire et divertit;

(m) la programmation de la Société devrait à la fois :

(i) être principalement et typiquement canadienne,

(ii) refléter la globalité canadienne et rendre compte de la diversité régionale du pays, tant au plan national qu'au niveau régional, tout en répondant aux besoins particuliers des régions,

(iii) contribuer activement à l'expression culturelle et à l'échange des diverses formes qu'elle peut prendre,

(iv) être offerte en français et en anglais, de manière à refléter la situation et les besoins particuliers des deux collectivités de langue officielle, y compris ceux des minorités de l'une ou l'autre langue,

(v) chercher à être de qualité équivalente en français et en anglais,

(vi) contribuer au partage d'une conscience et d'une identité nationales,

(vii) être offerte partout au Canada de la manière la plus adéquate et efficace, au fur et à mesure de la disponibilité des moyens,

(viii) refléter le caractère multiculturel et multiracial du Canada;

(n) les conflits entre les objectifs de la Société énumérés aux alinéas l) et m) et les intérêts de toute autre entreprise de radiodiffusion du système canadien de radiodiffusion doivent être résolus dans le sens de l'intérêt public ou, si l'intérêt public est également assuré, en faveur des objectifs énumérés aux alinéas l) et m). "

3.3 INDÉPENDANCE EN MATIÈRE DE JOURNALISME

En vertu de la Loi sur la radiodiffusion :

" 2. (3) L'interprétation et l'application de la présente loi doivent se faire de manière compatible avec la liberté d'expression et l'indépendance, en matière de journalisme, de création et de programmation, dont jouissent les entreprises de radiodiffusion. "

La Loi spécifie ceci à propos de Radio-Canada :

" 35. (2) Toute interprétation ou application de la présente partie doit contribuer à promouvoir et à valoriser la liberté d'expression ainsi que l'indépendance en matière de journalisme, de création et de programmation, dont jouit la Société dans la réalisation de sa mission et l'exercice de ses pouvoirs. "

Le point vi qui précède est intéressant si l'on considère que ce sont les contribuables qui paient pour ces services. Est-il besoin de rappeler que la population francophone du Québec (82% de la population québécoise), majoritairement indépendantiste, si on se fie au résultat du référendum de 1995, est le principal auditoire de la Société Radio-Canada en même temps que sa justification ? (Il faut peut-être rappeler que l'auditoire anglo-canadien est servi par la CBC, ce qui n'est pas la même entité que la SRC). Si les administrateurs de ladite Société ont pour seuls arguments le congédiement pour "contribuer au partage d'une conscience et d'une identité nationales" pour équilibrer et présenter une information et un divertissement qui sont à la hauteur du mandat de la SRC, alors on peut craindre non seulement pour la liberté d'expression mais on peut encore s'inquiéter pour l'avenir de ce pays. Le procédé n'est pas sans rappeler ce qu'on pouvait voir dans l'ancienne URSS.

Le Canada mérite mieux.

Ecrit par : Louis | 05/01/2006

Serge, ta radicalité et ton ton me font penser aux pires périodes de l'histoire où toute critique de la pensée dominante devait s'écraser face au bien-fondé et à l'intransigeance de "ceux qui croient tout savoir". Heureusement, on en est plus là. Je réaffirme qu'une démocratie qui baillonne les clowns est au plus mal. Une radio publique, ce n'est pas n'importe qu'elle entreprise qui peut virer un collaborateur qui ne 'lèche pas dans le sens du poil'. Une radio publique diffuse de l'information, émets des opinions, aide à comprendre et permet de réfléchir. Or, l'opinion n'est pas unique. Chacun a la sienne et la radio publique doit permettre cette diversité. Ce n'est pas prendre le public pour un débile que d'émettre un avis (humoristique en plus) qui va à contre courant.

Ecrit par : Vincent | 06/01/2006

««gwenaelle - "On croirait lire un billet droit sorti d'une agence de propagande.»»

C'est drôle comment l'on peut vite sauter aux conclusions, selon le psychique Parenteau. À la première ligne vous y allez avec une insulte. C'est gentil. Peu importe le temps pris à lire votre point de vue et à préparer une réplique de 93 lignes ou 530 mots. Merci pour l'absence du «gnochon» ou «guidoune», comme Parenteau le fait ?

«« gwenaelle - Serge devrait savoir que le que le mandat de la Société Radio-Canada n'est pas de promouvoir l'«unité canadienne» . »»

C'est trop facile de répondre par ce que n'est pas la SRC. À ce jeu, je peux dire que le mandat de la Radiocan n'est pas de diviser l'auditoire en deux camps distinct, non plus. C'est une boucle sans fin.

Au lieu de répondre par des copier/coller de textes, essayez de décrire dans vos mots ce qu'est LE mandat selon votre compréhension. Comme ça, au lieu d'embrouiller le débat, l'on pourrait comparer votre interprétation avec celle du CA et des directeurs de la SRC.

«« gwenaelle - Le point vi qui précède est intéressant si l'on considère que ce sont les contribuables qui paient pour ces services. Est-il besoin de
rappeler que la population francophone du Québec (82% de la population
québécoise), majoritairement indépendantiste, si on se fie au résultat du
référendum de 1995, est le principal auditoire de la Société Radio-Canada
en même temps que sa justification ? »»

Je ne savais pas. Comme ça votre point de vue repose sur une fondation ethnique ? Vous distinguez les contribuables «francophones» du total de la pop québécoise qui comprend la langue française. Cette ethnie est «majoritairement» indépendantistes. Intéressant !

Mais... Depuis quand le choix POLITIQUE d'un auditoire doit-il modifier les objectifs et l'administration du personnel, de l'information et de la culture d'une Société d'état ? Comme s'il s'agissait d'une prise de contrôle par la majorité «francophone indépendantiste» ?

Pour vérifier votre hypothèse... Pouvez-vous me dire quels participants de cette émission du samedi et rien d'autre, sont des indépendantistes ?

En comparaison, selon votre rappel... Est-ce que les 52 millions de Télé-Québec qui s'adresse aux même Québécois, sont administrés comme ça ? Selon une majorité «francophone indépendantiste» ?

En plus, nous retournons dans l'histoire. Vous interprétez tout ça selon le résultat du réfé de 1995. Ah bon ! Je ne m'y attendais pas. Est-ce dire qu'une société du gouvernement du Canada, doit modifier son administration et son contenu selon le nombre de OUI ? Au lieu de prendre de fait et cause à 100% pour l'union canadienne.

Aux nombres selon la langue, voici mes chiffres et pourcentages du réfé de 95.
Francophone... OUI = 2,283,193 = 48,9% - NON = 1,545,697 = 33,1% (60% = oui 40% = non)
Allophone.. OUI = 21,089 = 00,4% - NON = 406,899 = 8,7% (5% = oui 95% = non)
Anglophone. OUI = 4,078 = 00,1% - NON = 410,052 = 8,8% (1% = oui 99% = non)
Total OUI = 2,308,360 = 49,4% NON = 2,362,648 = 50,6%
Valides - 4,671,008 91,8%

Quant aux contribuables qui paient pour ces services, voyons voir. Pouvez-vous nous dire combien des impôts des «indépendantistes francophones» se retrouvent dans le budget de la Radiocan française ? Moi, je ne le sais pas.

Au dernier compte j'ai trouvé que, du budget total de 191 milliards du gouvernement du Canada, seulement 16 milliards proviennent des impôts des travailleurs du Québec. Ça c'est du 8,4% du total. Maintenant, si l'on applique le pourcentage du OUI francophone à ce pourcentage sans égard au niveau de leurs revenus, nous avons 7,8 milliards ou 4.1%. Bien. De l'autre coté, du coté des dépenses, à ce que j'ai compris du budget Legault, le gouvernement du Canada dépense au Québec quelque 40 milliards. Si l'on fait le rapport entre les impôts du OUI francophone (7,8) et le total dépensé au Québec par le gouvernement du Canada (40), cela fait du 19,5% du OUI et donc 80,5% provient du NON et des canadiens hors Québec. Donc, quelle est la contribution des «francophones indépendantistes» au budget de la Radiocan française ?

«« gwenaelle - Si les administrateurs de ladite Société ont pour seuls arguments le congédiement pour "contribuer au partage d'une conscience et d'une identité nationales" pour équilibrer et présenter une information et un divertissement qui sont à la hauteur du mandat de la SRC, alors on peut craindre non seulement pour la liberté d'expression mais on peut encore s'inquiéter pour l'avenir de ce pays. Le procédé n'est pas sans rappeler ce qu'on pouvait voir dans l'ancienne URSS.»»

C'est curieux. Il me semble d'avoir déjà lu ce genre conclusion, l'année dernière.

Attendez... Était-ce en août 2004 lorsque le CRTC a publié sa décision de ne pas renouveler la licence de CHOI Radio X et que Patrice Demers avait décidé de tout risquer en ne congédiant pas Jeff Fillion ? À ce moment là 50,000 personnes sont descendues dans la rue et dans les médias on criait «Liberté, je crie ton nom !», je crois. Finalement, cette liberté va coûter 320,000$ à Genex et Demers qui, de toute évidence, à fini par montrer la porte à son employé vedette.

Aujourd'hui, vous parlez de censure et un procédé qui rappelle l'ancienne URSS après le fait, encore. Même après des avertissements et que les propos de Parenteau aient été diffusés en onde, sans censure.

Donc, une question bien simple... Selon votre avis, combien le CA de la Radiocan devrait-elle risquer en personnel et en argent pour garder Parenteau à son emploi ?

«« gwenaelle - Le Canada mérite mieux.»»

Surtout, les lecteurs de votre blogue méritent mieux. Je répète ma demande...
«« Tapez et affichez en toutes lettres le mot à mot de son dernier billet, incluant la portion lorsqu'il parlait du Premier Ministre Paul Martin comme une ordure, à ce qu'on m'a dit. On verra bien.»»

«« Vincent - Serge, ta radicalité et ton ton me font penser aux pires périodes de l'histoire où toute critique de la pensée dominante devait s'écraser face au bien-fondé et à l'intransigeance de "ceux qui croient tout savoir". 06/01/2006 »»

Vincent, ceci est un blogue et non une classe ce cours. Et, il y a longtemps que j'ai quitté l'école. Ne me patronez pas à la manière de l'enseigant envers les mômes, je pourrais être contraint à changer de ton et d'humeur. Évitez les évalutations caractérielles de la personne, tenez-vous en au sujet.

Vous faites erreur encore, Parenteau ne représente pas la démocratie il n'est qu'une personne et il n'a pas été baillonné puisqu'il a diffusé librement sur les ondes ses conneries jusqu'à la dernière minute, sans intervention. Mais, il y a une limite à tout.
Vous essayé donc de dévier le débat de Parenteau à l'académique. De beaux principes pour les classes de cours.

Vous vous croyez compétent pour faire mieux que la direction ? Alors, préparez votre cv et postulez pour une poste à la direction de la SRC. Par la suite, si vous êtes accepté, on parlera de l'application sur le terrain de vos principes. D'accord ?

Un avis à contre courant et humoristique, dites-vous ?
Affichez le mot à mot de Parenteau envers les politiciens et le Premier Ministre Paul Martin, pour que les lecteurs puissent voir et utiliser ce genre d'avis humoristique envers votre personne. Après, vous nous direz comment vous trouvez ça. D'acc ?
Serge

Ecrit par : Serge | 06/01/2006

Serge > Vous lisez mal. Je n'ai pas encore réagi à votre premier commentaire. La première réaction est celle de Louis, non la mienne.

Vous dites, je cite : "Surtout, les lecteurs de votre blogue méritent mieux. Je répète ma demande... «« Tapez et affichez en toutes lettres le mot à mot de son dernier billet, incluant la portion lorsqu'il parlait du Premier Ministre Paul Martin comme une ordure, à ce qu'on m'a dit. On verra bien.»»"

1) Je n'ai pas le temps de transcrire le dernier billet de François Parenteau, "La chrétienté de Paul Martin", mais j'ai inséré un hyperlien pour que le lecteur puisse l'écouter et en juger lui-même. Si ça ne vous plaît pas, vous n'avez qu'à le faire et à le publier dans votre propre blogue.

2) À CE QU'ON VOUS A DIT, Parenteau parle de Premier Ministre Paul Martin comme une ordure. Serge, sachez que c'est faux ! Cette portion n'existe pas dans son dernier billet. On vous a donc menti. Un conseil : avant de critiquer les billets de Parenteau ou d'un autre, écoutez-les et donnez ainsi votre propre jugement !!!

3) Je ne partage pas votre opinion dans cette affaire mais je la repecte. Je n'avais pas le goût de réagir à votre premier commentaire assez hautain et batailleur. De plus, vous y déformiez certains de mes propos en prenant des raccourcis et en peignant des caricatures.

Cordialement.

Ecrit par : Gwenaëlle | 06/01/2006

Le fond de la question est la manifestation d'une pensée unique à l'occasion du congédiement d'un humoriste qui collaborait à une émission de la radio publique francophone canadienne, rien de plus.

Merci à Serge de préciser les chiffres du référendum de 95 qui illustrent au moins ce que je souhaitais faire comprendre: les opinions sont diverses dans la population francophone qui est aussi l'auditoire de la radio francophone de même qu'une de ses sources de financement.

Est-il besoin de départager les votes selon les ethnies pour arriver à ce simple constat ? La polarisation des votes que ça illustre en tous cas me font penser, allez donc savoir pourquoi, à l'ancienne Rhodésie.

Je réédite les liens qui mènent aux pages de la SRC et qui font mention du cadre dans lequel son mandat doit s'exercer. C'est frappant comme on y fait mention du respect de la liberté d'expression et, entre autres choses, de l'objectivité comme garantie d'une qualité élevée en matière d'information et de divertissement.

1) http://cbc.radio-canada.ca/responsabilite/journalistique/preamble.shtml#freedom

2) http://cbc.radio-canada.ca/responsabilite/journalistique/broadcast.shtml#33

Tu m'excuseras, Serge, je n'ai pas ton expérience du copier-coller incluant les erreurs pourtant corrigées entre 23:30 et 00:05 et quant au reste, le ton comme les attaques personnelles, ils confirment mieux que tout ce que je disais en conclusion: si le Canada n'inspire que cette qualité d'argumentaire à ses avocats, il est bien à plaindre. Il me semble que ce glorieux pays devrait susciter un enthousiasme convaincant d'une toute autre facture.

Et comme le disait Parenteau, dans l'un de ses billets, "En définitive, il n'y a pas pires ennemis de l'unité canadienne que les fédéralistes québécois."

Ecrit par : Louis | 06/01/2006

trop long a lire

Ecrit par : constantin | 09/02/2006

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