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20/04/2006

Rumeur à Montréal

La rumeur court que les Juppé et leurs enfants envisageraient de rester au Québec car ils apprécient énormément la vie à Montréal. À ce qui paraît, Alain Juppé est même devenu un pro de la pelle à neige, et a souri quand on lui a donné sa première paire de « claques* » (dixit un vétérinaire Français).

Rumeur lu dans un très bon article du Nouvel Observateur, Cultiver la Québec attitude. Un avant-goût :

Ils (les Juppé) ont raison d’hésiter. On vit bien à Montréal. Enfin, on peut bien vivre à condition de comprendre une chose : les rives du Saint-Laurent ne sont pas un bout de France perdu en Amérique, mais un bout d’Amérique qui se trouve être francophone ! Cela commence par l’attitude : le Français qui pense pouvoir débarquer ici en pays conquis, la fleur au fusil, se fera raboter en deux temps trois mouvements. On le traitera de « faiseur », de « chialeur », s’il râle contre le pays... Et, s’il ne pige toujours pas, de « maudit Français ». Les Québécois n’ont jamais oublié que nous les avons cédés aux Anglais ! Mais il ne s’agit pas seulement de comprendre que la francophonie est une fausse amie, il faut surtout réaliser que cette ville extraordinaire respire le « made in Amérique » de tous ses pores. Montréal fait partie d’un monde où l’on peut se faire virer du jour au lendemain sans indemnités, où il faut travailler pendant cinq ans dans une entreprise avant de se voir royalement octroyer une troisième semaine de congés payés, où il vaut mieux être riche pour naviguer dans un système de santé totalement débordé, bref, une ville dont plupart des habitants se grattent l’occiput d’un air perplexe en découvrant les unes des journaux consacrées à la révolte française contre le CPE ! Allergiques au libéralisme, s’abstenir !

 

Un autre extrait sur l'opinion d'un compatriote que j'entends souvent et approuve :

« Quelqu’un qui est vaillant et veut travailler va gagner de l’argent. S’il travaille le double, il gagnera le double, dit Jérôme, qui apprécie les faibles charges sociales, les crédits d’impôt, l’absence de contrôle tatillon... Ici, une entreprise qui va de l’avant, on la propulse. En France, tout ce que l’on récolte, c’est une avalanche de contrôles dès la première année. »

 

Un dernier extrait qui m'a intéressé car c'est un de mes projets dès l'obtention de mon visa permanent :

Arrivée en 1984 comme fille au pair, sans même le bac en poche, elle (Laurence Leser) a repris les études tout en travaillant. « Pour un adulte, c’est facile. La fac est payante, c’est vrai, mais personne ne vous regarde de travers. On peut faire son mélange à soi, tronc commun et options, et avancer à son rythme. » Evoluant dans le monde associatif, elle est la première à reconnaître les nombreuses failles du modèle québécois, mais elle n’envisage pas un seul instant de repartir en France.

 

*Il s'agit en fait de couvre-chaussures en caoutchouc, eh eh eh ;-)

Commentaires

Ah bé ça alors. Si on peut pas râler quand on veut pour un oui ou pour un non, sans façon, je reste en France !!!

Ecrit par : Legweak | 20/04/2006

De fait, les Québécois râlent un tantinet eux aussi (en particulier contre le mauvais temps mais ça, c'est tout à fait légitime!). Ils sont généralement accueillants envers tout immigrant mais si ce dernier s'avise de râler contre son pays d'adoption, surtout s'il amène avec lui sa réputation de Français chialeux ( ;-) ), alors c'est là que certains lui rappelent l'utilité d'un ticket pour le retour!

Pour montrer l'ironie caractéristique de notre chialage envers les immigrants, une blague court sur les revendications des Indiens. Le Québécois serait tenté de répondre: "S'ils sont pas contents, qu'ils retournent chez-eux!"...

Une autre avait dit: "les Québécois nous accueillent à bras ouverts... mais ils oublient quelques fois de les refermer"... Ça se vérifie dans certains cas mais en général, si l'on accepte les "pré-requis" énumérés dans le billet de Gwen, tout se passe pour le mieux!

Enfin, c'est ce que je crois mais je n'ai pas une opinion tout à fait impartiale sur le sujet...

Ecrit par : Sergio A. | 20/04/2006

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