11/02/2005
Quel « degoo » !
Lors de mon séjour en France, j'ai découvert une publicité populaire pour la promotion d'un produit bancaire pondu par la Poste à destination des jeunes (15-25 ans) : le compte Bagoo.
Kesséça encore ?
Bagoo offre un chéquier, une carte bancaire internationale (?!?), un gestion de compte en ligne , des services annexes comme par exemple un « e-magazine », des forums sur des thèmes génériques et une boutique en ligne avec des offres privilégiées dans une douzaine de rayons (informatique, cinéma, jeux vidéo, sport, hi-fi, etc.). Sur un prospectus officiel réalisé pour le promouvoir, Bagoo assure pouvoir fournir les « meilleurs plans », et propose des informations sur les « nouveaux jobs » et le « ciné ». Il faut faire jeune, n’est-ce pas ? Et, bien sûr, il fallait trouver un mot abâtardi d’anglo-américain à ce service qui fût à la hauteur de l’ambitieux projet et digne de la qualité de la communication.
Mais ce n'est pas la première fois que la Poste boude la langue française pour baptiser ses produits. Les français ont connu « Skypack », « Authentics », etc. Tout récemment, c’était une assurance complémentaire qu’elle nommait « Complétys santé ». Aujourd'hui, on peut déplorer qu’un service public se mette au franglais dans l’espoir de mieux capter l’attention des jeunes et ... de leur argent (ou celui des parents).
Regardez la publicité
09:10 Publié dans Langues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Francophonie
Faut-il protéger le français ?
Écoutez la table ronde
Selon le dernier rapport de l'Office de la langue française, la situation du français au Québec demeure précaire. Le français comme langue d'usage continue d'être déficitaire; 55 % des personnes de langues maternelles tierces choisissent l'anglais. Le nombre de Québécois qui reçoivent un enseignement en français diminue. Et ce, même si les enfants de la loi 101 grossissent les rangs des francophones de la province.
La politique linguistique du Québec est-elle encore valable? Quelles perspectives laisse entrevoir l'intégration des immigrants au système scolaire francophone? Michel Venne, directeur général de l'Institut du Nouveau Monde et chroniqueur au quotidien Le Devoir ainsi que le sociologue Guy Rocher répondent à ces questions.
«Oui», répond Michel Venne à la nécessité de protéger le français par des lois en 2005. «Nous constatons que les gains faits par la langue française sont dus à des dispositions de la Charte de la langue française, explique-t-il. Sans les lois, le français régresserait au Québec». Guy Rocher appuie entièrement ces propos. Le sociologue souligne que la politique linguistique du Québec doit être révisée. «Le statut de la langue a changé au Québec et dans le monde». Guy Rocher propose une politique affirmative du français sur le plan mondial. «Le Québec doit s'ériger en défenseur des autres langues que l'anglais qui, comme le français, sont aussi menacées par la prédominance de l'anglais », affirme-t-il.
Source Indicatif présent
08:57 Publié dans Langues, Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Francophonie
10/02/2005
Choisir le français
Sergio Kokis s'est établi au Québec il y a 30 ans, après un séjour en France. Neil Bissoondath est arrivé dans un premier temps à Toronto. Il habite maintenant à Québec.
Sergio Kokis a appris le français dans son Brésil natal. «Je savais seulement lire et écrire le français», s'est-il aperçu une fois arrivé en France. Son français oral ne s'améliorait pas puisqu'il fréquentait plutôt les Espagnols et les Portugais de Paris. C'est une fois installé au Québec qu'il commence enfin à travailler en français. Et quelques années plus tard, il écrit tout naturellement ses romans en français.
Neil Bissoondath a appris le français à l'école secondaire, à Trinidad. «J'ai très vite su que les sons du français me plaisaient énormément», dit-il. L'auteur choisit d'étudier en langue et littérature française à Toronto. «À l'époque, à Trinidad, nous n'étions pas conscients de l'existence du Québec.»
Les deux écrivains soulignent les différences entre le français d'ici et celui d'ailleurs. «Les gens pensaient que j'étais Belge. Ils trouvaient que mon accent était très correct pour un Belge», relate Sergio Kokis. L'accent et les expressions québécoises ont parfois frustré Neil Bissoondath, mais il s'y est habitué à la longue. «Aujourd'hui, j'ai des difficultés avec les expressions de la France», dit-il.
Le français fait maintenant partie de leur identité. «Je ne peux écrire qu'en français, même si je parle d'autres langues», ajoute Sergio Kokis.
Source Indicatif Présent
12:11 Publié dans Langues, Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Francophonie
08/02/2005
Quelle langue parlons-nous au Québec ?
Écoutez la première table ronde
Marie-France Bazzo en parle avec ses invités : Claude Poirier, directeur du groupe de recherche Trésor de la langue française, à l'Université Laval, Jean-Louis Roy, secrétaire de l'Agence de la francophonie à Paris de 1990 à 1998, président de Droits et Démocratie et le dramaturge Michel Marc Bouchard.
Selon Claude Poirier, «nous parlons un français qui se rattache à une tradition nord-américaine, alors que partout ailleurs on parle un autre français». Les Québécois n'ont pas attendu la législation des grammairiens comme ce fut le cas en France.
Michel Marc Bouchard croit que nous parlons deux langues : le québécois, une langue d'apprentissage affective, et une langue académique. «Nous sommes extrêmement polyphoniques dans notre utilisation de la langue. Nous avons plus de liberté que les Français», estime le dramaturge.
Jean-Louis Roy rappelle que le Québec et la France sont les deux seuls territoires où le français est la langue maternelle. Le Québec de 2005 comprend 1,5 million de Québécois qui parlent le français, sans être d'origine francophone. «La langue française est en train de devenir une langue d'inclusion. Allons-nous être capables d'accepter les accents qui viennent du Maghreb, d'Afrique noire et d'Haïti?» En somme, Jean-Louis Roy blâme le Québec pour les difficultés d'intégration au marché du travail de ces arrivants.
Le français dans les médias, la perception des Québécois et l'amélioration du français sont d'autres sujets abordés au cours de cette table ronde.
Source Radio-Canada / Indicatif Présent
09:20 Publié dans Langues, Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Francophonie
05/02/2005
Le français québécois
Dès lundi et toute la semaine, je vous incite à écouter la série Le français dans tous ses états à l'émission de Marie-France Bazzo, Indicatif présent. Ses invités discuteront de thèmes variés sur la langue française :
Lundi
«Quelle langue parlons-nous au Québec ?» avec le dramaturge Michel-Marc Bouchard, Jean-Louis Roy et le linguiste Claude Poirier.
Mardi
«Comment enseigne-t-on le français ?» avec les professeurs de français Julie Roberge et Marguerite Hardy.
Mercredi
«Choisir le français» avec les écrivains Sergio Kokis et Neil Bissoondath.
Jeudi
«Faut-il protéger le français ?» avec le sociologue Guy Rocher et le journaliste Michel Venne, et un Action/réaction sur la chanson La langue de chez nous.
Vendredi
«Le palmarès des mots des auditeurs» analysé par Jean Dion, chroniqueur au Devoir.
Dans le cadre de ces émissions, les auditeurs et les amoureux de la langue française sont invités à s'exprimer et à répondre à ce questionnaire qui sera commenté par Jean Dion à l'émission de vendredi :
1) Quels sont les mots que vous ne pouvez plus tolérer?
2) Quels sont les mots qui montent, qui sont à la mode, les tics de langage?
3) Quels mots promouvoir dans le but de les diversifier, dans un effort de francisation, les synonymes pour les mots utilisés à toutes les sauces?
4) Quels mots sauvegarder? (les régionalismes menacés, mots du terroir en voie de disparition, les mots anciens à protéger en tant que patrimoine)
Pour participer, cliquez ici
15:45 Publié dans Langues | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : canada
03/12/2004
Dialecte informatique
Les Anglo-saxons ont créé un suffixe pour désigner diverses composantes de l'informatique. Il s'agit de "ware". On a ainsi :
- le hardware : le matériel informatique;
- le software : tout logiciel;
- le shareware : un logiciel requérant une participation financière;
- le freeware : un logiciel entièrement gratuit.
Les Québecois ont jugé utile de compléter ce vocabulaire informatique. Et voici le résultat :
- un ensemble d'écran de veille : un dortware
- un logiciel antivirus : un mouchware
- un logiciel de classement : un tirware
- un logiciel de copie : un mirware
- un logiciel de merde : un suppositware
- un logiciel de nettoyage du disque dur : une baignware
- un logiciel de préparation de discours : un oratware
- un logiciel de vote électronique : un isolware
- un logiciel de compression de données : un entonware
- un logiciel pour documents en attente : un purgatware
- un logiciel très compliqué : un assomware
- un réseau local d'une entreprise : un coulware
- un serveur de réseau : un abreuware
- une poubelle Windows : un dépotware
- une réunion des responsables informatiques : un tupperware
- une salle informatique non climatisée : une rotissware
Et enfin, le plus important dans la conjoncture actuelle est un logiciel d'aide à la demande d'augmentation de salaire : un vatfaireware.
À la prochaine : Oreware !!!
11:37 Publié dans Langues, Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Complainte d'un maudit français
Voici le récit croustillant d'un couple de France qui vient tout juste de déménager au Québec.
1er AOÛT
Nous venons d'emménager dans notre nouvelle maison au Québec. C'est très beau ici. Tout est si immense et sauvage, et les montagnes sont si majestueuses. J'ai très hâte de les voir recouvertes de neige, et de voir le fleuve pris dans la glace.
1er OCTOBRE
Québec est le plus bel endroit du monde. Les feuilles des arbres ont pris toutes les teintes possibles de rouge et d'orange. Nous sommes allés nous promener en montagne et nous avons vu des chevreuils. Quelles créatures gracieuses ! Ce sont certainement les plus beaux animaux de la création. Cet endroit est le paradis sur terre ! Je l'adore.
1er NOVEMBRE
La saison de chasse au chevreuil commence bientôt. Je ne peux pas croire qu'on puisse tuer un si bel animal. J'espère qu'il neigera bientôt. J'aime vraiment le Québec (sauf en ce qui concerne ses lois sur la chasse, bien sur, mais il est vrai que nature et sauvagerie vont un peu de pair...)
1er DÉCEMBRE
Il a neigé hier soir. Nous nous sommes réveillés ce matin pour découvrir que tout était devenu blanc. Une vraie carte postale ! Nous sommes tous sortis et avons fait un combat de balles de neige. C'était vraiment le pied ! Quel bel endroit ! L'air est pur, tout est propre et blanc. C'est magnifique !
10 DÉCEMBRE
Encore de la neige hier soir. C'est merveilleux ! La charrue nous a encore fait une petite blague dans l'entrée. (les québécois appellent "charrue" le camion-deblayeur qui pousse la neige hors des chemins. Une autre de leurs cocasses expressions si typiques...) Les Québécois sont sympas... De bons vivants qui aiment s'amuser malgré la neige et le froid, quoi!
15 DECEMBRE
Encore de la neige hier soir. J'ai été un peu embêté hier parce que je n'ai pas pu sortir la voiture de la cour pour aller travailler. La neige, c'est très beau, mais j'avoue que je suis un peu épuisé de pelleter. "Crisse de charrue", comme disent si typiquement les Québécois ! "Crisse" est un juron utilise par les habitants de ce pays ayant une tradition catholique très imprégnée. Les habitants semblent l'utiliser assez fréquemment, à cause de l'hiver peut-être... A éviter quand même, car il s'agit d'une expression vulgaire, me disent même les gens d'ici. Je crois que leur manque de vocabulaire amène les Québécois à utiliser ce juron plutôt que des expressions plus recherchées.
21 DECEMBRE
Il est encore tombé de la merde blanche hier soir. Tu ne le croiras pas, mais j'ai des ampoules plein les mains à force de pelleter. Je crois que le gars de la "charrue" se cache dans un coin de la rue et attend que je finisse de pelleter pour remplir la cour à nouveau. J'ai d'abord cru qu'il nous faisait ça parce que nous étions nouveaux au pays, mais je crois maintenant que c'est parce qu'il est fondamentalement un câlisse de chien sale. ("Câlisse de chien sale" est une expression parfois employée par les gens d'ici pour désigner les gens avec qui ils ont des conflits ou qu'ils n'aiment carrément pas.)
25 DECEMBRE
Joyeux Noël ! "Hostie de crisse de temps des fêtes à marde", comme ils disent parfois ici. Il est encore tombé de la tabarnac de neige ("Tabarnac" est un autre juron catholique qui vient du mot tabernacle"). Un Noël blanc, c'est bien beau, mais n'empêche que si jamais je mets la main sur le câlisse de chien sale qui conduit la charrue, je m'en vas y faire faire un hostie de boutte sur les coudes. Autre expression typique, mais tu commences à t'en foutre, des expressions typiques... Je ne comprends pas pourquoi ils n'épandent pas plus de sel (ils disent "calcium", ces cons...) sur les routes pour faire fondre la glace.
27 DECEMBRE
C'est pas croyable, mais il est encore tombé de la crisse de neige hier soir ! Et ce matin, on se les gèle à se les fendre ! Ça fait trois jours qu'on n'est pas sortis de la maison, sauf pour pelleter la tabarnac d'entrée à chaque fois que le câlisse de sale passe avec son hostie de charrue ! On peut pas aller nulle part. Le char (Ils disent "char"au lieu de voiture parce qu'ils ont tous la bouche gelée) était pris dans une véritable montagne de neige. Quand j'ai eu enfin fini de tout gratter,le crisse de bazou voulait pu partir à cause du frette ! Y faisait moins vingt-sept à matin, calice ! Ça se peut presque pas ! Avec le facteur vent à marde, ça faisait moins 44 Celsius ! Incroyable ! Tu vas pas pisser dehors avec un temps pareil, j'te jure ! Sauf que nous, il faut qu'on aille pomper l'eau à bras dans le hangar à côté... Si on avait su, on aurait acheté une maison avec pompe électrique et puits intégrés comme eux ! En plus d'être un peu cons, ils doivent pas avoir la bite grosse en hiver, ceux-la ! Québec, pays des bites gelées ! Ha ! Ha ! Ha ! Ce midi, la gonzesse de la météo a annoncé qu'il ferait un peu plus chaud mais qu'il allait tomber 10 pouces de plus de neige à soir"... Dix pouces, c'est la longueur de ma queue (sans blague !), et ça fait dans les 20 centimètres...
28 DECEMBRE
La gouine de la météo se l'est mise complètement dans le trognon, la connasse ! On en a eu pour 24 pouces de c'te calisse de marde-la ! 24 pouces, crisse de calisse de tabarnac ! Soixante centimètres ! Non, mais tu te rends compte ? Ça sera pas fondu avant l'mois d'août, ça, calvaire ! Pis tu le croiras pas, mais la charrue est restée prise dans le banc de neige en face, pis l'hostie d'écoeurant qui la conduit est venu cogner chez nous pour demander s'il pouvait emprunter ma pelle ! Après lui avoir dit que j'avais passé au travers six pelles pour pelleter toute la marde qu'il m'avait poussée dans l'entrée, j'y ai cassé la septième sur sa crisse de tête de fif!
30 JANVIER
On a fini par sortir de la maison aujourd'hui. On a enfin pu se rendre à l'épicerie pour acheter de quoi manger, mais en revenant un calisse de chevreuil s'est crissé devant le char pis je l'ai fessé. J'ai pour 3000 $ de dommage! L'hostie d'imbécile m'a vu arriver, j'ai klaxonné, mais y est resté là à nous regarder foncer sur lui comme un crisse d'innocent ! Comment ça se fait que les hostie de chasseurs les ont pas tous tués au mois de novembre, ces hosties de pourritures-là ? J'ai jamais pensé qu'un animal puisse être si stupide!
1er MAI
J'ai emmené le char au garage. Y'est plein d'hosties de trous ! Plein, d'un boutte à l'autre, calvaire ! Y a pas six pouces carrés qu'y a pas de rouille, calice, à cause de l'hostie de calcium qu'ils mettent partout dans les chemins, c'te gang de tabarnac d'épais-là ! Ça peut ben leu couter cher de vivre icitte, hostie de calice ! Y scrappent un char par année, c'est sur, à marcher d'même, gang de tabarnac !
30 MAI
Marie-Maude pis moé, on a décidé de crisser notre camp en France*. La neige a même pas fini de fondre dans le bois que les hosties de maringouins pis les tabarnac de mouches à marde commencent à sortir. On peut même pas prendre une bière dehors sans n'avoir plein à face, calice, moi qui voulait profiter de mon beau lac ! J'en ai plein le cul du Québec ! J'peux pas comprendre qu'y aille du monde assez innocent pour
rester dans un crisse de trou pareil !
* D'autres déménagent en Floride !
11:20 Publié dans Langues, Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
29/11/2004
La langue française maltraitée
Exemples de snobisme, de paresse intellectuelle et de démission face à la prétention de l’anglais à devenir la langue universelle.
Les Franglais
Comme vous le savez la ville de Paris est candidate à l’organisation des jeux olympiques de 2012. On espère alors que la langue française aura enfin la première place, devant la langue anglaise, dans toute la communication et la signalétique des jeux. Pas si sûr...
Philippe Baudillon, ancien conseiller diplomatique d’Édouard Balladur et directeur du Groupement d’intérêt public de la candidature de Paris pour les J.O. de 2012, s’était déplacé à Athènes et avait organisé une conférence de presse internationale pour présenter la candidature de Paris.
En quelle langue pensez-vous qu’il s’exprima ? En français, langue olympique officielle, langue de la France et de la francophonie, sa langue ? Non, il s’exprima en anglais !
À la question d’un journaliste du Monde qui s’étonnait de ce choix linguistique, M. Baudillon faisait cette magnifique réponse :
Mon souhait est que Paris 2012 soit perçu comme une marque française ouverte sur l’extérieur. Le seul moyen, c’est de parler la langue que tout le monde pratique. Lors des présentations des villes candidates, certains intervenants se sont exprimés dans leur langue nationale avec un vrai talent oratoire. Une fois traduit en anglais ou en français, c’était devenu d’un plat total…
Il faut donc comprendre que :
- la langue française est un handicap pour l’ouverture vers l’extérieur,
- la seule langue utile, même pour un haut fonctionnaire français, est l’anglais
- les candidats qui ont utilisé leur langue nationale ont bêtement desservi leur pays.
Dernièrement, la candidature de Paris a été remis tout en anglais ! Voilà qui augure mal de la place du français dans les futurs Jeux olympiques, même s’ils se déroulent dans la capitale de la France.
En dehors des compétitions sportives, il reste également à convaincre les Français de l’urgence à défendre leur langue. En novembre 2003, l’ancien secrétaire général de l’ONU, Javier Perez de Cuellar constatait déjà, navré, que les diplomates français cèdent devant l’anglais, abandonnant la défense de leur langue aux Africains.
Je vous invite à (re)lire cet article : Le français oublié à Athènes.
Air Canada
Officiellement bilingue, Air Canada ne respecte pas ce mandat et fait la part belle à l’anglais. Lors de mon premier voyage pour Montréal, j'ai d'ailleurs été victime de la mauvaise qualité d'accueil par des hôtesses froides et méprisantes. Perpétuellement assaillie de plaintes pour son piètre respect de la Loi sur les langues officielles, cette compagnie demande maintenant au gouvernement fédéral de lui venir en aide financièrement de quelques millions de dollars pour atteindre ses obligations de bilinguisme. Quelle insulte arrongante !
Chez nos libraires
Si vous voulez lire la traduction du bouquin Linux in a Nutshell, il vous faudra payer 103.95 $ au lieu de 63.95 $ ! Est-ce normal ?
11:25 Publié dans Langues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15/11/2004
La langue bretonne : une dérive communautariste ?
À l'émission 5 sur 5, j'ai eu le plaisir de suivre un reportage (à regarder absolument avec des images sur Quimper !) sur un exemple de colonialisme primaire effectué par le gouvernement français sur les langues minoritaires : le statut du breton dans l'éducation.
La question linguistique est un sujet sensible en France (comme au Québec). Reconnu par l'UNESCO comme langue à part entière, le breton est parlé aujourd'hui par deux groupes de locuteurs : les personnes âgées des zones rurales, et une minorité instruite de quelques dizaines de milliers de personnes qui lutte pour son maintien et sa normalisation face à un État français refusant de modifier l'article 2 de la Constitution ajouté en 1994 qui déclare que « La langue de la République est le français ». Pour illustrer la vigueur de cette politique liberticide, une phrase mythique a traversé les âges : « Il est interdit de cracher par terre et de parler breton ». La juxtaposition de ces deux interdictions illustre bien la nature des moyens employés pour parvenir à réaliser un linguicide en Bretagne.
Le fait que tous les gouvernements, de gauche ou de droite, ont toujours refusé l'idée même d'un débat au Parlement sur un statut des langues dites "régionales" en dit long sur le degré d'ouverture des pouvoirs publics sur un tel sujet. En 1993, les gouvernements français ont d'ailleurs refusé de signer la Charte Européenne des Langues Minoritaires et de reconnaître les Droits Linguistiques des bretons. Dernièrement, l'association Diwan a déposé une plainte devant la Cour européenne des droits de l'homme pour obtenir des autorités publiques qu'elles respectent les droits linguistiques de la population bretonne.
Depuis les années 70, l'affirmation de l'identité bretonne résiste grâce au renouveau de la musique et de la langue bretonne par les écoles Diwan. Dirigées par une association créée en 1977, et financées par les cotisations, les écoles Diwan sont gratuites pour les familles. Leurs établissements (32 écoles maternelles et primaires, quatre collèges et un lycée) fondent leur projet pédagogique sur le principe de l’immersion : les enfants apprennent le breton avant le français, introduit peu à peu au cours de la scolarité. Les apprentissages de base : lecture, écriture et calcul se font en breton et les élèves deviennent parfaitement bilingues breton-français à la fin du primaire !
Ben non ! Malgré ce niveau de bilinguisme élevé, le ministre de l’Éducation nationale, François Fillon, a refusé d’assister à l’inauguration de l’école Diwan à Paris, qui est aussi la première de ce type hors de Bretagne, lors de la dernière rentrée scolaire. C'est le secrétaire d’État aux Transports, François Goulard, qui a fait le déplacement ! C'est fou, non ? Ce bretonnant a d'ailleurs souligné à plusieurs reprises « la richesse que constitue l’apprentissage du breton », qualifié d’« idée moderne qui permet l’ouverture et l’échange ». Pendant ce temps-là, la fédération de Paris du Parti Radical de Gauche (PRG) n'était pas du même avis, l'estimant "contraire à l'intérêt de l'enfant et à l'égalité des chances". "La création d'une école Diwan à Paris est un nouvel avatar d'une poussée du particularisme régionaliste et d'une dérive communautariste qui menace la cohésion de notre société", ont déclaré les élus PRG dans un communiqué. "C'est pourquoi nous nous opposerons vigoureusement à des aides de toute nature qui pourraient être présentées à l'approbation du conseil de Paris", ont-ils conclu. Je tiens à souligner que le président de la fédération de Paris est Jean-Bernard Bros, adjoint du maire Bertrand Delanoë : quelle mauvaise surprise !
Maudits Jacobins ! ;-)
Quelques dates à retenir :
En 1951, la loi Deixonne autorisait l'enseignement du breton, jusque-là interdit.
En 1976 était créée la première école maternelle Diwan, avec une 1/2 douzaine d'élèves.
En 1978, l'enseignement du breton était autorisé comme Langue Vivante 2, puis comme LV3 en 1982.
En 1981, la licence de breton était créée, en 1986 le CAPES, mais il fallait attendre 1989 pour obtenir la création du DEUG.
En 1993, les gouvernements français successsifs, de gauche et de droite, refusent de signer la Charte Européenne des Langues Minoritaires et de reconnaître les Droits Linguistiques des bretons.
Après ceux de Diwan, les collégiens de la filière bilingue du collège Charles Le Goffic de Lannion se sont vu refuser le droit de passer l'épreuve d'histoire et géographie du brevet des collèges en breton.
En septembre 2004, deux fillettes de Ploubazlanec privées de rentrée en classe bilingue…
Liens externes :
Association Diwan Breizh
Office de la langue bretonne
Histoire de la langue bretonne
Journal communautaire breton
Bretagne.com
An Arvorig
23:45 Publié dans Langues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

