11/02/2005
Quel « degoo » !
Lors de mon séjour en France, j'ai découvert une publicité populaire pour la promotion d'un produit bancaire pondu par la Poste à destination des jeunes (15-25 ans) : le compte Bagoo.
Kesséça encore ?
Bagoo offre un chéquier, une carte bancaire internationale (?!?), un gestion de compte en ligne , des services annexes comme par exemple un « e-magazine », des forums sur des thèmes génériques et une boutique en ligne avec des offres privilégiées dans une douzaine de rayons (informatique, cinéma, jeux vidéo, sport, hi-fi, etc.). Sur un prospectus officiel réalisé pour le promouvoir, Bagoo assure pouvoir fournir les « meilleurs plans », et propose des informations sur les « nouveaux jobs » et le « ciné ». Il faut faire jeune, n’est-ce pas ? Et, bien sûr, il fallait trouver un mot abâtardi d’anglo-américain à ce service qui fût à la hauteur de l’ambitieux projet et digne de la qualité de la communication.
Mais ce n'est pas la première fois que la Poste boude la langue française pour baptiser ses produits. Les français ont connu « Skypack », « Authentics », etc. Tout récemment, c’était une assurance complémentaire qu’elle nommait « Complétys santé ». Aujourd'hui, on peut déplorer qu’un service public se mette au franglais dans l’espoir de mieux capter l’attention des jeunes et ... de leur argent (ou celui des parents).
Regardez la publicité
09:10 Publié dans Langues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Francophonie
Faut-il protéger le français ?
Écoutez la table ronde
Selon le dernier rapport de l'Office de la langue française, la situation du français au Québec demeure précaire. Le français comme langue d'usage continue d'être déficitaire; 55 % des personnes de langues maternelles tierces choisissent l'anglais. Le nombre de Québécois qui reçoivent un enseignement en français diminue. Et ce, même si les enfants de la loi 101 grossissent les rangs des francophones de la province.
La politique linguistique du Québec est-elle encore valable? Quelles perspectives laisse entrevoir l'intégration des immigrants au système scolaire francophone? Michel Venne, directeur général de l'Institut du Nouveau Monde et chroniqueur au quotidien Le Devoir ainsi que le sociologue Guy Rocher répondent à ces questions.
«Oui», répond Michel Venne à la nécessité de protéger le français par des lois en 2005. «Nous constatons que les gains faits par la langue française sont dus à des dispositions de la Charte de la langue française, explique-t-il. Sans les lois, le français régresserait au Québec». Guy Rocher appuie entièrement ces propos. Le sociologue souligne que la politique linguistique du Québec doit être révisée. «Le statut de la langue a changé au Québec et dans le monde». Guy Rocher propose une politique affirmative du français sur le plan mondial. «Le Québec doit s'ériger en défenseur des autres langues que l'anglais qui, comme le français, sont aussi menacées par la prédominance de l'anglais », affirme-t-il.
Source Indicatif présent
08:57 Publié dans Langues, Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Francophonie
10/02/2005
Choisir le français
Sergio Kokis s'est établi au Québec il y a 30 ans, après un séjour en France. Neil Bissoondath est arrivé dans un premier temps à Toronto. Il habite maintenant à Québec.
Sergio Kokis a appris le français dans son Brésil natal. «Je savais seulement lire et écrire le français», s'est-il aperçu une fois arrivé en France. Son français oral ne s'améliorait pas puisqu'il fréquentait plutôt les Espagnols et les Portugais de Paris. C'est une fois installé au Québec qu'il commence enfin à travailler en français. Et quelques années plus tard, il écrit tout naturellement ses romans en français.
Neil Bissoondath a appris le français à l'école secondaire, à Trinidad. «J'ai très vite su que les sons du français me plaisaient énormément», dit-il. L'auteur choisit d'étudier en langue et littérature française à Toronto. «À l'époque, à Trinidad, nous n'étions pas conscients de l'existence du Québec.»
Les deux écrivains soulignent les différences entre le français d'ici et celui d'ailleurs. «Les gens pensaient que j'étais Belge. Ils trouvaient que mon accent était très correct pour un Belge», relate Sergio Kokis. L'accent et les expressions québécoises ont parfois frustré Neil Bissoondath, mais il s'y est habitué à la longue. «Aujourd'hui, j'ai des difficultés avec les expressions de la France», dit-il.
Le français fait maintenant partie de leur identité. «Je ne peux écrire qu'en français, même si je parle d'autres langues», ajoute Sergio Kokis.
Source Indicatif Présent
12:11 Publié dans Langues, Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Francophonie
08/02/2005
Quelle langue parlons-nous au Québec ?
Écoutez la première table ronde
Marie-France Bazzo en parle avec ses invités : Claude Poirier, directeur du groupe de recherche Trésor de la langue française, à l'Université Laval, Jean-Louis Roy, secrétaire de l'Agence de la francophonie à Paris de 1990 à 1998, président de Droits et Démocratie et le dramaturge Michel Marc Bouchard.
Selon Claude Poirier, «nous parlons un français qui se rattache à une tradition nord-américaine, alors que partout ailleurs on parle un autre français». Les Québécois n'ont pas attendu la législation des grammairiens comme ce fut le cas en France.
Michel Marc Bouchard croit que nous parlons deux langues : le québécois, une langue d'apprentissage affective, et une langue académique. «Nous sommes extrêmement polyphoniques dans notre utilisation de la langue. Nous avons plus de liberté que les Français», estime le dramaturge.
Jean-Louis Roy rappelle que le Québec et la France sont les deux seuls territoires où le français est la langue maternelle. Le Québec de 2005 comprend 1,5 million de Québécois qui parlent le français, sans être d'origine francophone. «La langue française est en train de devenir une langue d'inclusion. Allons-nous être capables d'accepter les accents qui viennent du Maghreb, d'Afrique noire et d'Haïti?» En somme, Jean-Louis Roy blâme le Québec pour les difficultés d'intégration au marché du travail de ces arrivants.
Le français dans les médias, la perception des Québécois et l'amélioration du français sont d'autres sujets abordés au cours de cette table ronde.
Source Radio-Canada / Indicatif Présent
09:20 Publié dans Langues, Ma cabane au Québec | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Francophonie

